
Soirée parfaite chez Monsieur Vivi après une journée qui l’était presque tout autant. On parle un peu boulot – un peu, juste un tout petit peu – avant d’aller chasser des monstres dans une partie de L’Appel de Cthulhu.
Ce soir on discute stabilité. Et je remarque que ce qui défini le boulot de prof est l’absence total de ce concept. On n’est jamais sur ses appuis, dans le métier. Chaque heure est différente, chaque cours dissemblable. On doit faire preuve de fermeté mais également d’une grande capacité d’adaptation. Se remettre en question en permanence, tout en étant capable d’incarner une figure rationnelle et rassurante. D’être toujours tourné vers ses élèves tout en interrogeant sa pratique personnelle. Pas étonnant, alors que certains profs soient égocentriques et capables de noircir, jour après jour, des lignes sur leur boulot.
Ou que d’autres soient fatigués. Parce que passer son temps en déséquilibre, ça fatigue. C’est peut-être ce qui fatigue le plus.
Alors on décide pour le moment de laisser ce sujet là de côté, et on joue. On rigole, vraiment beaucoup. Quand l’un des personnages rate son jet de dés et s’étale par terre (il le fait au moins une fois à chaque partie), que G. passe la moitié de l’action à diner avec le capitaine du bateau, ou que I. réussi à vaincre le grand méchant en le poussant dans le dos, parce que c’est la plus forte, d’abord.
Six personnes très heureuses. Ce soir, pas besoin de plus.