Dimanche 16 avril

Et le dimanche on s’évade.

Attention, ceci est un billet type lifestyle, vlog, ou je ne sais pas trop quoi, donc sachez que je n’en voudrais à personne si vous décidez de passer votre chemin. Mais le fait est que, suite à mon billet de la semaine dernière sur la course à pied, j’ai reçu près d’une centaine de messages sur ma “pratique” de ce noble sport. (le genre de truc qui n’arrive JAMAIS quand je cause de la nouvelle réforme de l’orthographe ou des habitudes vestimentaires en salle des profs). Et comme c’était ça ou vous re-carrer un billet jeu vidéo, j’ai opté pour répondre aux questions qui sont le plus souvent revenues d’un seul coup. Alors accrochez-vous et rentrons dans l’univers violemment coloré de la course à pied (ah, on me glisse à l’oreillette que si je ne veux pas gagner de points d’arthrose, je dois dire “running”).

Depuis combien de temps cours-tu ?

Je suis un jogger du dimanche depuis quatre ans environ. À savoir que j’ai commencé tranquillement, histoire de me donner l’impression que je pratiquais une activité physique régulière. Il y a cinq ans, j’étais pas mal bouboule, et j’ai sué à perdre 5 kilos en faisant un régime débile, et 10 autres dès que je me suis mis à bouger un peu. En jouant à Wii Fit, comme quoi, il n’y a pas de routes trop ridicules pour se mettre à faire du sport. 
Au bout d’un moment, et pas mal motivé par le blog de mon amie Sonia, j’ai franchi le cap – à savoir la porte de mon appartement – ai acheté des chaussures ridicules, et me suis mis à trottiner dans la verdure.

Depuis deux ans, je m’entraîne beaucoup plus régulièrement, environ quatre heures par semaine.

Mais pourquoi ? Pourquoi tu t’infliges ça ?

(Je n’ai même pas reformulé la question).

Soyons honnête : au début, la motivation était uniquement esthétique. De plus, la course me semblait le sport le plus simple à pratiquer et nécessitant le moins de matos et de contraintes : je suis une feignasse patenté, je dois absolument trouver des activités ne me permettant pas de me trouver des excuses pour ne pas y aller.

Et puis, petit à petit, j’ai fini par y prendre du plaisir. Oui, je sais, c’est tarte, cliché et ça peut limite sembler malhonnête, mais c’est le cas. J’ai appris à être heureux d’accomplir des performances physiques. Heureux de découvrir des environnements familiers, mais qui se métamorphosent totalement quand on les parcours en courant. Heureux aussi de me trouver dans une situation où je suis vraiment tranquille. Plus qu’en tirant les rideaux, plus qu’en éteignant mon téléphone. Je ne me sens jamais aussi près de la méditation que lorsque je cours. 

Et surtout, j’ai trouvé un sens à la course. Et ça c’est important. Quelque chose de profond : courir, à mon rythme ou en me lançant des défis, me rend profondément heureux.

Enfin, courir m’a ouvert la porte à énormément d’autres choses : j’ai rencontré des gens (hello Guillaume et Nadia), j’ai écouté masse de livres audios, j’ai oublié de mépriser mon corps. Ça compte beaucoup.

Quel matos utilises-tu ?

Oui, alors là, je dois avouer que la question m’a laissé perplexe. J’essaye de ne pas céder à la mode des douze milliards d’accessoires que des génies du marketing essayent de refiler au sportif parisien moyen, forcément accroc à la consommation. 

Je cours en short de sport et T-shirt de base, trouvés dans les bacs à promo des magasins de sport ou de fringues.
Concernant mes chaussures, j’ai commencé avec une paire de pompes que j’ai oubliée (paix à son âme), puis des Asics GT-2000 (au début j’avais répondu à la première personne qui m’a demandé ça “les noires et oranges” mais il paraît que ce n’est pas assez précis), très chouettes mais un peu lourdes. Elles ont décédé au marathon. Et là, sur les conseils de Nadia, que c’est une dame qui s’y connaît, j’ai pris des Skechers 5, qu’elles te donnent l’impression de bondir comme un petit lapin. 

Sinon, j’utilise aussi une ceinture pour mettre des trucs dedans (celle-là).

Mais je pense que l’essentiel dans mon matériel reste l’impressionnante quantité de podcasts que je me trimballe : comme je suis un prof de français, je passe beaucoup de temps à écouter la compagnie des auteurs sur France Culture, ou les milliers d’émissions que je vois passer et que je n’ai pas le temps d’écouter ailleurs.

Et il y a bien sur la géniale application Zombies Run dont j’avais déjà parlé dans le lien. (mon dieu, j’ai l’impression de me changer en homme sandwich).

Ah si. Pardon. J’oublie le truc quasi obligatoire. Les foutues semelles orthopédiques. Oui c’est ridicule, oui ça a un coup, mais il y a 90% de chance pour que tu en aies besoin si tu veux courir sérieusement et que ça t’évite tout un tas de blessures et de pathologies à la noix.

Après avoir fait le marathon, quels sont tes objectifs désormais ?

Je n’ai pas vraiment d’objectifs à vrai dire. J’ai participé au marathon, avec le recul, de façon un peu inconsciente et sans Sonia, je n’aurais jamais ni eu le dossard, ni fini la préparation physique. J’essaye de courir comme j’écris : sans me poser trop de questions et au gré des hasard et des rencontres, même si maintenant, j’ai envie de faire le marathon breton de la Transléonarde, parce que le nom est très très très rigolo et que les paysages doivent être splendides.

Est-ce que ça vaut le coup de se mettre à courir ?

Uniquement si on en a envie. Oui, la réponse est débile. Mais je crois que si je n’avais pas ressenti dès le début un brin de plaisir quand j’ai commencé à trottiner, je me serais arrêté immédiatement.
Oh et juste un dernier conseil : pas de stakhanovisme. On commence petit. Genre vraiment. Histoire de ne pas se retrouver les chevilles, genoux et tendons en vrac comme ça m’est arrivé au départ quand j’ai voulu faire le kéké.

Et là, je sors de mon costume de blogueur mode en frissonnant pour… repasser celui de prof. -_- 

Joie, bonheur, exaltation.

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