
Ça fait maintenant trois semaines que l’ascenseur du collège Ylisse est en panne. Ça fait maintenant trois semaines que K., qui s’est cassé la hanche et se retrouve en fauteuil roulant, ne peut suivre les cours avec sa classe.
Exemple parfait de ce qui dysfonctionne dans le Collège, au sens général.
La loi de refondation de l’école nous invite à rendre l’école inclusive. Chaque élève, quel que soit son profil, ses forces et ses faiblesses cognitives, doit être inclus dans des classes. Doit avoir le même accès au savoir que les autres. Les profs, les CPE, les AED doivent individualiser, personnaliser. Désormais, c’est leur taf, et personne n’a à transiger.
Mais voilà. Un ascenseur qui lâche. Et c’est un môme qui, du jour au lendemain, se retrouve exclu. Et je ne pointe personne du doigt. Sauf la lourdeur administrative. Il faut passer par un prestataire de service agrée, commander la pièce, se fâcher avec le prestataire, en changer, faire un devis…
Et pendant ce temps, K. attend. Va peut-être devoir gagner un institut spécialisé. Juste à cause d’un putain d’ascenseur.
Des fois, l’absurde blesse.