Dimanche 14 mai

Et le dimanche on s’évade.

J’ai découvert Rork à un moment d’adolescence pas très drôle. Histoire intérieure et extérieure. Il est instantanément devenu mon compagnon, mon protecteur imaginaire et ne m’a plus jamais quitté. 

Rork, personnage aux origines inconnues, et aux pouvoirs étranges, évolue en bande dessinée dans une Amérique du début du XXe siècle, enquêtant sur des événements mystérieux… À moins qu’il en suive la trace pour retrouver les fragments d’un puzzle plus grand. Celui de ses origines.

Vingt ans après ma première découverte avec le cycle de Rork (sept volumes), j’ignore encore ce que j’ai lu : une épopée fantastique, un exercice de style, un objet d’art. Rork, visage de moins en moins impassible, visite les innombrables mystères qui parsèment sa route : vallée abandonnée aux pouvoirs mystérieux, tribu mexicaine à la recherche d’un phénomène astral, cimetière de bâtisseurs de cathédrales… Et pour exprimer ces énigmes, le dessin d’Andréas, le créateur de Rork, mute lui aussi : le découpage se transforme au gré des errances du héros, se morcelant à certaines pages ou constituant une immense fresque à d’autres. Et à l’ombre de cette quête mythologique, quelques humains s’esquissent : Capricorne l’astrologue aventurier, Faye l’archéologue et bien sûr Low Valley, la mystérieuse amnésique. 

Rork n’est pas bavard. Son histoire non plus. Elle s’offre comme un mystère à plusieurs facette, un univers à explorer, par son scénario, sa mythologie ou son dessin. On peut se plonger dans ses pages et s’y perdre encore et encore, mystère sans cesse renouvelé.

Rork, héros silencieux, qui, plus que toute autre créature de fiction, a formé ma façon de raconter des histoires : précisément, attentivement, et sans jamais trop en dire. Pour que le lecteur devienne, lui aussi, explorateur et personnage d’un univers fictif.

Laisser un commentaire