Mercredi 17 mai

B. est l’un des rares élèves de 3èmes Daleks, voir l’un des rares ados que je connaisse à être d’une égalité d’humeur totale. Quelle que soit l’heure, la période de l’année ou l’ambiance de classe – de “banquise un soir de novembre” à “furie sanguinolente” – il arbore un sourire placide.

B. est loin d’être un élève modèle, malgré une aisance incontestable en français. Il ne bosse que très peu en dehors des cours et participe quand ça lui chante. Mais dans les travaux de groupe, il est capable d’organiser une petite armée de guerriers du français en fonction des compétences de chacun. Parce que quand il fait un truc, il le fait au maximum, même si ce maximum est bourré de lacunes.

Et puis surtout, B. adore les blagues salaces.

À 14 ans, il en a déjà un répertoire fourni. Et bien entendu, il a fini par se rendre compte que ne suis plus qu’amateur du genre. Il m’en sort donc tant que possible.

Non.

Pas tant que possible.

Toujours quand l’heure s’est mal passée (assez fréquemment donc), ou que j’ai pété une durite : il se pointe, l’air de rien, me balance son immondice, et, lorsqu’il voit ma conscience professionnelle au supplice pour retenir un gros rire gras, se barre avec un large sourire.

B. a décidé qu’il bosserait dans la mécanique et ça lui fait plaisir. B. n’a pas besoin d’être l’un de ces élèves qui bouleversent leur prof et brillent des mille feu du parcours scolaire réussi. Il existe par lui-même, et ça semble le rendre bien dans ses baskets.

Tellement banal. Tellement extraordinaire.

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