Samedi 10 juin

C. est en sixième Glee. Pour tout un tas de raisons pas très joyeuse, C. habite à une heure de RER d’Ylisse, trajet qu’elle fait tous les matins et tous les soirs. Du coup, à douze ans, C. a sous les yeux des cernes immenses. 

Nous sommes des adultes, nous voulons son bien. Et nous conseillons à C., l’année prochaine, de se scolariser dans le collège à côté de chez elle. Parce qu’à son âge, on a besoin de sommeil, on a besoin de stabilité et surtout, on n’a pas besoin de se retrouver dans la gare glauque d’Ylisse.

Mais C. aime sa classe et son projet. Dans sa vie pas toujours drôle, cet endroit lui donne un but. Elle est prête à se battre pour rester, y compris à négocier avec sa maman, un peu perdue dans le système scolaire et dans la langue française.

Nous sommes des adultes, nous savons. Qu’à son âge, elle se remettra de sa déception, que des tas d’autres projets l’attendent et que l’exigence vitale passe avant tout. Je pense que les autres adultes de l’établissement partagent ma pensée.

Mais quand même. J’espère très fort que nous savons ce que nous faisons, à déboulonner un truc qui fait sourire C.

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