
Il m’attend.
Je l’ai abandonné sans le moindre scrupule, sans la moindre pensée, même, au dernières vacances. Comme tous les ans. Je l’ai abandonné parce qu’il prend trop de place. Parce que je voulais être tant de choses, durant l’été 2017. Estivant, ami, cycliste, écrivain, traducteur, astromancien, musicien, “funnard”, comme dit A., et un tas d’autres choses.
Alors je l’ai accroché à une corde et l’ai oublié, à la porte du collège.
Il m’attend depuis, fidèlement, et, demain, ne lèvera que des yeux un tout petit peu tristes sur moi, avant de me rejoindre joyeusement. Je le retrouverai avec autant de joie que de culpabilité. Je me demanderai pourquoi je l’ai largué là, mais je m’en rappellerai très vite, de ces raisons. Parce qu’il est encombrant, pataud, qu’il envahit mon quotidien, qu’il me contraint sans arrêt, malgré toutes ses qualités
Il m’attend. Mon moi-prof. Celui qui me protège, que j’adore et que je déteste. Celui dont je tente sans cesse de percer l’armure, armure qui me permet de tenir face à cent gamins au quotidien.
Demain on se retrouvera, et il reprendra sa place, écrasant au passage des choses fragiles, futiles et importantes que j’ai cultivées cet été. Pour mon bien.
À demain.