Mardi 26 septembre

Bill a l’air épuisé. Elle est au premier rang, ses cernes sous les yeux sont clairement visibles. Bill a les cheveux décolorés en blond, veut devenir styliste et était une terreur l’année dernière.

“Vous avez une sale tête monsieur.
– Je vous retourne le compliment Bill.
– C’est pas facile d’être une bonne élève.”

Je souris. Le fait est que depuis le début de l’année, Bill fait tout ce qu’elle peut. Elle prend son cours avec une telle application que c’en est comique, écoute les consignes avec une attention qui, convertie en énergie, suffirait aux besoin de la France durant trois ans, et s’emploie à brider ses remarques incongrues. Mais c’est difficile, et ça se voit. Je pense que Bill elle-même le sait. Que tenir toute l’année ne sera pas évident.

“Je vous comprends. C’est pas facile d’être un bon prof.”

Depuis le début de l’année je mets le cahier de texte consciencieusement à jour, je prépare mes cours plus de 24 heures à l’avance. Je m’applique à ce que mon langage soit le plus précis possible, à ne jamais montrer d’impatience. C’est épuisant et ça se voit.

Bill et moi on se marre, sous le regard interrogateur des autres mômes.

“Avouez, Bill, que ça fait plaisir, quand même.
– Ouais. Et pour vous, c’est bien d’être un bon prof ?
– Ça dépend des jours.
– Tout pareil, monsieur. Tout pareil…”

Laisser un commentaire