Vendredi 29 septembre

Heure de cours de 14h à 15h. Souvent volatile, le vendredi, avec des élèves en pleine digestion et commençant à ne plus pouvoir voir le collège en peinture en cette fin de semaine. J’ai bâti mon cours autour d’un extrait de Persépolis. Et bien entendu, le lecteur DVD de la salle que j’occupe ne fonctionne pas.

Grand classique des scènes de la vie du collège avec moi dans le fabuleux rôle du prof “Attendez ça… ça devrait se lancer là…mais il se passe quoi ?” et le choeur des “Monsieeeeur vous avez appuyé sur play ?” (non, bien entendu) “Attendez je m’en occupe !” 
Bref, le bordel qui monte comme une meringue.

Exaspéré, je fais changer mon cheptel de salle. Opération menée, en toute franchise, de main de maître : nous sommes rapides et efficaces, et le cours peut reprendre. Je m’applaudis mentalement devant mon efficacité.

On frappe à la porte : le visage habituellement hilare de Sigurd est orageux. L’AED – le surveillant – le plus relax du collège avait un message à me faire passer en urgence : “S’il te plaît s’il te plaît, dis-nous quand tu changes de salle !”

Épisode trivial, quotidien. Mais qui illustre aussi à quel point le collège est une immense machine, poussive et complexe : j’ai sauvé mon cours. J’ai  mis un collègue dans la merde.

Seule chose à faire : présenter ses plus plates excuses. Note mentale : envoyer quelqu’un pour signaler le changement la prochaine fois. Oui ça fera du bazar en plus. Le respect à ce prix-là.

On travaille tous, dans le bahut, en asynchrone. Parvenir à ne pas nous marcher sur les pieds : sacré défi.

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