
Hier, les troisièmes Tardis ont passé deux heures à faire des exercices de conjugaison.
Il ne s’agissait pas d’une sanction mais d’une volonté de leur part. Afin de vérifier leur maîtrise des temps de l’indicatif, j’avais préparé différents entraînements, allant de l’imparfait au passé antérieur. Les mômes s’y sont lancés avec un enthousiasme assez stupéfiant, et ont passé deux heures “géniales”, d’après leurs dires, tandis que j’envisageais de me suicider en me fracassant la tête contre le tableau (sur lequel j’aurais bien entendu signé de mon sang : “La conjugaison m’a tuer”.)
Cette appétence pour des exercices de conjugaisons bêtes et méchants n’est pas propre à cette classe. Les élèves adorent se retrouver devant des règles qu’ils appliquent à l’infini ou presque. Je suppose que c’est rassurant. Logique. Pour une fois, ils sont en maîtrise de ce qu’ils font.
Ce qu’ils haïssent, c’est l’incertitude.
Et c’est pourtant là où se situe l’essentiel de notre métier. Les amener, puis les guider, à ce qu’ils ne connaissent pas, ne comprennent pas, et les aider à explorer. Et faire face aux révoltes que provoque invariablement cette exploration de l’inconnu.
Crédo 93187 de Monsieur Samovar : Réussir à faire des élèves des aventuriers.