
Préparation de cours. Bouffée de culpabilité quand je me rends compte que l’extrait de La promesse de l’aube sur lequel je vais faire travailler les troisièmes à la rentrée est dans mes préparations de cours depuis six ans.
Bouffée sotte. Mais encore alimentée par l’habituel “Alors les profs, une fois que leurs cours sont prêts, ils sont tranquilles pour le reste de leur carrière.”
Je ne relèverai pas la débilité profonde du propos, mais remarquerai juste qu’il m’a amené à réfléchir un peu plus souvent à la fréquence à laquelle je retravaille mes préparations. Je pense ne pas être différent de l’ensemble de mes collègues : il n’y a aucun moyen de répondre précisément à cette question.
Une préparation de cours est comme un être vivant : elle évolue, et change, mais jamais à une vitesse régulière. Certains de mes cours ont en effet six ans. Parce qu’ils sont solides, toujours pertinents au vu des attendus du collège, et que je les maîtrise. Je sais qu’ils permettront aux chiards de s’interroger, d’avancer, même s’ils s’en empareront à chaque fois différemment.
D’autres leçons changent d’une année à l’autre, voire même plusieurs fois dans l’année, si je m’aperçois par exemple que la cinquième Glee et la cinquième Arkham ne reçoivent pas la grammaire de la même façon (c’est totalement le cas) : je ne cesse d’adapter mes cours de langue, car il s’agit du dispositif qui, à mes yeux, nécessite le plus d’individualisation.
Préparer ses cours ne consiste ni à construire de rien, ni à vaguement relire ce qu’on aurait passé une hypothétique année à bâtir. Il s’agit, en permanence, d’ajouter des répliques et d’en retirer, à l’infini dialogue que l’on entretien avec ses élèves.