Samedi 11 novembre

Correction de copies d’un mini brevet donné aux troisièmes Max. Pour la première fois, je me trouve confronté à un problème qui me paraît hermétique : le refus.

Cinq d’entre eux ont bonnement et simplement refusé de travailler.

Pas par révolte envers moi, ou par manque de révision. Non. Simplement, “c’est trop compliqué, moi je fais pas !”

Ce n’est pas faute d’avoir expliqué. Que oui, ce serait compliqué et déstabilisant, que oui, ils risquaient d’avoir le vertige mais qu’à un moment, il fallait essayer, se confronter.

“Y a trop de questions, trop d’épreuves et puis un texte… moi j’arrête.
– Mais c’est ce que vous aurez à la fin de l’année.
– Ben non ben non, moi je m’en fiche je le dirais au lycée que j’ai pas voulu le faire. Il va falloir qu’ils changent ce truc hein !”

Plus je tente d’expliquer, plus les mômes – pour le coup, vraiment des mômes – basculent dans un langage enfantin. Je me retrouve totalement démuni. Ces élèves capable d’être tellement durs dans leur rapport aux autres agitent les bras comme des maternels face à une échéance inéluctable.

Peut-être, sans doute, les protégeons-nous trop, ces gamins “en grande difficulté”. De peur qu’ils retournent leurs armes intellectuelles contre nous, nous les leur en donnons certaines, à bouts ronds. 

Il me reste sept mois pour les faire grandir. Sept tous petits mois.

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