
Début de semaine avec les cinquièmes Glee. Comme je l’avais prévu vendredi, ils ont le droit à leur engueulade apocalyptique, suite à leur vandalisme de la semaine précédente.
Monsieur Vivi m’a rejoint pour l’occasion. Douceur en ébullition, il leur explique très brièvement qu’ils ont perdu notre confiance. Cassé un truc précieux. De mon côté, j’affecte de suffoquer et de serrer les poings. Ils ont voulu jouer et me tromper, je leur montre que même là, ils n’auront pas le dernier mot. Je condamne leur hypocrisie, affiche tout haut ma déception. Et laisse couler une larme quand, à la suite d’un long silence ahuri, j’explique que je vais devoir vivre avec le poids de leur trahison.
Non mais.
Comme prévu, les quarante-cinq minutes se passent dans le remords et la contrition. Le visage de Benvolio, élevé dans la loyauté et le respect de l’engagement lance des éclairs et je le verrai, à la récréation tancer vertement ses potes d’avoir autant déconné.
Quant à moi, j’attendrai l’après-midi pour faire le vrai boulot : aller voir Y. et réfléchir avec lui de quand convoquer les élèves les plus fautifs, quelles sanctions décider, et à quel endroit du calendrier.
Bref, tout ce que l’on ne montre jamais au montage des épisodes de séries.
Deux heures avec les Troisièmes Max. Cinq absents, parmi les plus remuants. Je me retrouve donc face à une classe métamorphosée, de gros bébés, pas forcément braqués contre le fait de travailler. Après avoir expliqué que NON la circoncision, ça n’est pas “couper le zizi en deux” et qu’omniscient et omniprésent, ce n’est pas la même chose, je commence mon cours sur Antigone. Comme toujours, en racontant l’histoire d’Oedipe. Et comme toujours les mots, maintenant bien rodés, font enfin régner sur cette classe de zébulons un silence captivé.
“Vous pouvez pas vous arrêtez maintenant ! me dit Cléo, quand sonne la fin de l’heure.
– La suite, ce sera dans la pièce, Cléo.
– Ah ouais ? Ah c’est comme ça ? Eh ben vous savez quoi, votre livre eh ben je vais le lire ! Voilà !”