Samedi 18 novembre

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Deux heures avec les cinquièmes Arkham, deux heures qui se passent très correctement, vu le contingent de mômes dont je dispose. Il faut être lucide : les cinquièmes Arkham peuvent être des monstres. Quand je veux me faire peur, je lis les rapports d’incidents les concernant (j’ai failli écrire rapport d’incendie et on n’est pas loin de la vérité) : ça insulte, ça se frappe, ça s’insulte, limite ça se mord. 

Avec moi, non. 

Ça bavarde. Un peu. Mais rien de plus.

Soyons bien clair. Je n’y suis pour rien. Je pense que c’est dû à un phénomène que, faute de meilleur terme, je baptiserai l’échelle communicante : j’ai eu l’occasion de constater ce phénomène dans toutes les classes que j’ai fréquentées ou presque. 

Voici comment j’ai l’impression qu’il fonctionne.

On dit souvent que lors des premières semaines, les élèves testent les professeurs. Je serais désormais tenté de dire qu’ils les classent. Jusqu’où peuvent-ils aller dans la contestation ou la provocation, peuvent-ils déroger aux règles de la classe ou est-ce totalement impossible ?  

Une fois ce diagnostic effectué, l’échelle se construit. Comme si les mômes disposaient de réserves limitées d’attention ou de propension au bordel. Leurs qualités d’élèves seront en priorité réservées aux profs qu’ils estiment plus “dignes” – souvent de manière totalement arbitraire – tandis que les infortunés se trouvant au bas de l’échelle deviendront les têtes de Turc.

Là où c’est drôle, c’est que tu peux tout à fait être le roi de la montagne avec un groupe, et le dernier des derniers avec un groupe (coucou les troisièmes Max !)
Drôle d’impression.

Ce constat est, toujours à mon sens, plus violemment ressentis encore dans les bahuts dits difficile où la personnalité du prof joue souvent pour beaucoup (trop) dans le rapport des mômes à l’école. 

Échelle communicante que l’on tente d’équilibrer en cours d’année. Mais qui se révèle en attendant d’une cruauté confondante : le “Pourquoi je galère et pas les collègues ?” vient à mon sens de là. 

Et pourtant, pourtant je pense que les réserves de bon et de positif chez nos élèves ne sont pas aussi limitées qu’il le croit. Et que l’inclination de l’échelle ne doit pas être aussi forte.

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