
Péniblement, nous arrivons avec les cinquièmes Arkham à la fin du Magicien d’Oz. Malgré leurs difficultés et mon envie d’abandonner parce que je finissais par voir des Épouvantails partout et rire comme Margaret Hamilton, ils ont tenu à aller jusqu’au bout.
Nous en arrivons donc à la canonique scène des révélations. Le rideau tombe et le fabuleux Magicien d’Oz se révèle n’être qu’un imposteur, plus embêté d’avoir été démasqué que d’avoir trompé une gamine.
“C’est injuste ! Ça se fait trop pas ! Monsieur j’suis choquée !”
Raura, qui lit vite, roule des yeux indignés vers moi, et je me sens un instant le petit charlatan face à Dorothée et ses compagnons.
“Y s’passe quoi ?” demande Mose qui, dans un mauvais jour, refuse totalement ne serait-ce que d’ouvrir son cahier. Raura me lance un regard et je lui fais signe de se taire. Petit à petit, l’ensemble des cinquièmes Arkham se met à lire. Et des exclamations éclatent. Véritable sentiment de tromperie.
“Mais… Mais comment elle va faire, du coup ?
– Attendez mais en fait, la Sorcière elle AURAIT PU le tuer !
– Il a envoyé une PETITE FILLE se battre à sa place ?
– Et nous depuis le début on croyait…”
Les bras croisés, j’assiste à la débandade des préjugés, à la mise à mort des “les livres c’est ennuyeux”, à la déroute des “c’est long ce texte !”
Je fais plein de photos avec mon cœur, comme dit Monsieur Vivi, parce que c’est un instant rare et précieux en cinquième Arkham, au collège Ylisse, sur Terre.