Jeudi 14 décembre

Cours en quatrième C(’est pas possible). Inversion des rôles. Cette fois-ci, je suis le prescripteur. C’est moi qui me charge de “faire cours”, tandis qu’Han sera la tuteur, passant d’un élève à l’autre pour les focaliser sur l’activité et un peu moins sur Lana qui s’est fait tarter en récréation par Hilda.

Retour rafraîchissant à l’humilité. Les classes dont je suis chargé cette année sont en fin de compte gérable.

J’avais oublié. La voix qui se brise de colère, les mots qui trébuchent, sans cesse interrompus par des bavardages, et, plus encore, l’impression d’être un fantôme. Les gamins poursuivant leur discussion ou, summum, balançant une phrase d’un irrespect crasse, et ne comprenant avec la meilleure volonté du monde, pas la sanction. Parce que le prof n’existe qu’à peine.

Je peine à dérouler ce que j’ai prévu, à prendre un peu de substance. Tout est laborieux.

Sacré rappel à la réalité. Que rien n’est jamais acquis. Que les piliers de l’autorité sont fragiles, si fragiles.

En ce jour, je suis à nouveau néo-tit. On dit souvent par plaisanterie qu’il faudrait que nos supérieurs hiérarchiques viennent enseigner dans nos classes avant de développer leurs théories.

À la sortie de ce cours, cette idée, ne me semble définitivement pas ridicule.

Laisser un commentaire