Samedi 16 décembre

Suite à l’heure de cours qui m’a donné envie de m’énucléer avant d’aller mendier sur les routes, parce que ça fait trop longtemps que les troisièmes bossent sur Antigone légèrement agitée pendant laquelle j’étais intervenue dans la quatrième de Han, je reçois un mail.

“Merci à toi. C’est la première fois que je vois un prof de collège faire cours.”

Han est néo-titulaire. Et comme à chaque fois, je repense à mon père, m’expliquant que sa formation d’instit’, il l’avait faite en trois ans. Didactique, pédagogie, psychologie. Je pense au nombre de fois où je suis allé voir ma tutrice enseigner.

Je pense que c’est un scandale, que tous les mandats ministériels, on bidouille la formation des jeunes profs en jonglant entre économies, démagogie et, quand il reste de la place, efficacité. Je pense à tous ces collègues qui n’ont pas le temps de demander de l’aide. Qui vont en baver plusieurs années avant, empiriquement, de se construire une façon d’enseigner à force d’essayer et de s’en prendre plein la gueule.

Le “plus beau métier du monde” n’a pas à être un chemin de croix les premières années, ni pour les élèves ni pour les enseignants. Il nous suffirait juste d’un peu de temps. À combien est-il estimé, de nos jours ?

Laisser un commentaire