Mercredi 20 décembre

L’autre jour, Oulan, en cinquième, me rend sa rédaction. La copie est infiniment plus propre qu’à l’accoutumée. Sous la graphie soignée, je repère des traits de crayon à papier.

“Vous avez d’abord fait un brouillon, Oulan.
– Ben oui.”

Elle me regarde, regard en permanence mécontent.

“C’est pas bien ?
– Si. Je suis heureux.”

Car d’habitude, Oulan abandonne. Très vite. Souffle d’exaspération, et elle baisse les bras. Parce que c’est trop difficile ; qu’elle n’y arrivera jamais. Pas cette fois.

“Vous vous êtes appliquée, ça me fait plaisir.
– Pas moi monsieur hein, c’était super long.
– Alors pourquoi est-ce que vous le faite ?
– Parce que je veux être meilleure, même si c’est pénible.”

Sur ce, elle retourne à son travail, avec Lea, une gamine souriante et effacée, acharnée du boulot, avec qui elle marche désormais en permanence bras-dessus bras-dessous.

J’ignore ce qui a changé chez Oulan. Mais qu’une gamine aussi sensible à la frustration fasse ce chemin-là me réconcilie avec ces deux dernières semaines épuisantes.

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