Jeudi 21 décembre

Pendant les surveillances de brevet blanc, ils sont tous là :

– Il y a celle qui a révisé, depuis le début de l’année. Qui a fait ses petites fiches et qui, à chaque question, relève la tête, pour sortir de son tiroir mental le carton dont elle a besoin. Rire d’enfant lorsqu’elle se rend compte que tout ce qu’elle a marné depuis le début de l’année lui sert.

– Il y a celui que nous allons tous essayer de convaincre de ne pas s’écrouler sur la table au bout de quinze minutes. “Monsieur, vous pouvez lui dire de ronfler moins fort ?” Argument suprême à sortir aux troisièmes après les vacances : “Révisez, parce que quand on est à sec au bout d’une demi-heure, le reste de la journée de brevet est terriblement long.

– Il y a celui qui a déjà son brevet, qui a redoublé. Déjà seconde dans son attitude, il s’ennuie ferme. Fait les choses parce qu’on lui a dit de les faire. Et moi de vouloir le secouer par les épaules, mais pourquoi tu crois qu’on te prévenait bougre d’âne ? Pour pas que tu t’emmerdes, tu te flétrisse comme ça !

– Il y a celle au bord de la crise de panique, parce que non, on ne répondra pas à ses questions. Mais alors de quelle couleur encadre-t-elle ? Elle fait un alinéa de deux ou trois carreaux ? Et emmener, un m ou deux ? Pourquoi on ne lui répond pas, quelle est cette nouvelle torture qu’on lui impose ?

– Il y a celui qui est paumé. Totalement. Celui qui, lorsqu’on lui demande d’illustrer par des exemples, gribouille un dessin. Qui, juste maintenant, se rend compte que ses profs ne s’en prenaient pas à lui juste par sadisme. Qui, devant sa feuille triste et raturée, prend plein de bonnes résolutions. Heureusement, on guérit des bonnes résolutions durant les fêtes.

Ils sont tous là, tandis que je les surveille. Que je me prépare, comme eux, à la prochaine échéance.

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