
Tous les jours, se lever. Et c’est dur, parce qu’on est fatigué, parce qu’on a mal, parce qu’on en a assez. Et tous les jours, se trouver une poignée de raisons dérisoires. Toutes-puissantes. Pour Noël, cédons à la guimauve et partageons-les.
– Avoir trouvé la sonnerie de réveil la plus douce possible, celle qui réveille juste comme il faut. Et, le pied posé à terre, entendre un bruit de petites pattes. Tartelette – c’est un lapin Tartelette – qui se précipite vers moi en grognant, avant de s’arrêter à deux millimètres. C’est son jeu préféré.
– Refermer la main sur le livre que je suis en train de lire en ce moment. Se dire que pendant quarante-cinq minutes, je pourrai me plonger dans un univers, quel qu’il soit, sans être interrompu. Rien que pour ça, le RER, ça passé.
– Sur le quai de la gare, sentir les odeurs du café industriel, et ne pas avoir honte d’en emplir les poumons.
– Voir avancer la petite forme de Marie-Antoinette. Se dire qu’on ne lira pas, et qu’à la place, pendant le trajet en RER, on pourra discuter.
– Traverser le grand parking moche, en imaginant que c’est un champ de lave, une steppe désertique, un paysage post-apocalyptique. Tous les matins se raconter une nouvelle histoire.
– Entrer dans le bahut et être accueilli par le sourire huit-mille volts de Leona, qui ouvre les bras à travers la vitre de sa loge. Aller lui faire un bisous parce qu’on n’a pas le choix, avec Leona.
– Dans la salle des profs, embrasser Hix. Avec qui je peux discuter seul à seul de choses belles et profondes pendant cinq minutes. Dès que plus de deux personnes seront présentes, il recommencera à vanner à six blagues lourdes à l’heure.
– Jeter un regard à T. qui arrive souvent à quelques minutes de la sonnerie. Penser aux histoires qu’on se racontera dans quelques heures à la pause de midi.
Et y aller.