
Discussion parentale. Mme Samovar est à deux ans de la retraite. Prof des écoles, puis prof de SEGPA. Plusieurs décennies de bons et loyaux services. Elle a vu défiler des milliers de mômes, leur a apporté tout ce qu’elle pouvait. Des échecs et des réussites, en pagaille.
Et elle termine sa carrière comme elle l’a commencée ou presque. Les mêmes interrogations, les mêmes problèmes. Juste beaucoup plus de fatigue. En ces deux dernières années, Mme Samovar en a assez. Assez de répéter, ad nauseam, les mêmes tâches. Elle est loin d’être la seule. Combien en ai-je vu, des collègues, fidèles à l’Éducation Nationale jusqu’au bout des ongles et qui, après près de quarante ans passés à bosser pour la cause, n’en peuvent plus.
“C’est maintenant que tu devrais être formatrice.” lui dis-je pendant qu’on fait la vaisselle. Des années de cours impeccables, de gestion face à des classes souvent problématiques, de savoir-faire sans cesse renouvelés d’une rentrée à l’autre.
Tant de connaissances qui disparaîtront quand, épuisée, elle partira enfin. Comme elle est partie, en silence et humblement.
Souvent, on craint l’idée de véritables Ressources Humaines dans l’Éducation Nationale. Je pense au contraire que ce service est véritablement nécessaire. Pour cesser de malmener les nouveaux-venus comme les vétérans.