Vendredi 19 janvier

J’ai passé une longue partie des vacances de Noël à retouiller le déroulé de mes cours avec les cinquièmes Glee, afin de le faire coller le plus près possible au spectacle de fin d’année. (Une production originale, livret de Monsieur Vivi et ma pomme, bientôt sur les scènes de la grande banlieue parisienne sud !)

Ça donne parfois des trucs assez marrants : j’ai exporté une petite partie du programme de troisième, sur la dystopie, dans leur parcours. Les Glee sont assez costauds pour supporter la complexité des textes. Même pour les plus en difficulté, pour qui la curiosité et l’entraide des autres sont des armes de destruction massive des difficultés de compréhension.

Mais c’est un danger. En cinquième, on est hyper perméable à la fiction, et les extraits de 1984 – choisis car l’action se passe pour partie dans une cité hyper-surveillée – font une immense impression sur ceux qui sont encore des petits. Ils clignent des yeux, effarés par la dureté de la société évoquée par Orwell. Nous passons beaucoup de temps à nous rassurer et plein de jolis textes rigolos comme le “Robbie” d’Asimov.

“Mais monsieur c’est tellement bizarre, conclut Benvolio de son beau débit un peu haché. Cette histoire avec Big Brother, on sait que c’est faux mais ça a l’air vrai.
– Oui, enchaîne Kara. On dirait que ce son t des histoires qui peuvent… euh… changer ce qui existe vraiment.”

À toutes petites doses. Les cinquièmes Glee, exposés à la puissance des univers de fiction.

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