Vendredi 16 février

Journée Glee, Glee partout.

Quatre heures avec eux, le matin. Je passe les deux premières à faire inventer aux cinquièmes les personnages de figurants qu’ils incarneront peut-être, durant le spectacle de fin d’année. Vieux truc de maître de jeu de rôle : je crée une fiche de personnage que je leur laisse remplir. Le tour de magie fonctionne, comme à chaque fois et, bientôt, les mômes n’ont plus qu’une envie : incarner les personnages auxquels ils viennent de donner la vie.
Plus de dispute pour savoir qui jouera l’héroïne ou l’antagoniste principal, un camp ou l’autre dans cette guerre entre une cité aérienne et souterraine. Créer des liens de fiction, ça attache.

À l’heure de midi, cinquièmes et quatrièmes sont censés organiser un mini-concert dans le hall du bahut. La nouvelle est tombée la veille sur la tronche de Monsieur Vivi qui a dû faire au mieux. C’est donc dans un bazar sans nom que Tengaar pigne pour qu’on accorde son violon, qu’Oulan proteste parce qu’elle ne retrouve pas sa trompette, que Zanza boude parce qu’il lui manque les deux dernières mesures de sa partition et qu’il

n’y

a

pas

les

pupitres.

Pour tenir les partitions. La récrimination se répète environ six millions de fois, jusqu’à ce que Monsieur Vivi se mette en colère (ce qui arrive environ deux fois par siècle) et que je menace le prochain qui prononce le mot pupitre de le manger. Nous improvisons donc un ingénieux système à base de dossiers de chaises et de scotch pour tenir les partitions droites. Une fois les instruments à peu près en état de marche, tout ce petit monde s’élance à l’assaut de deux morceaux, avec enthousiasme et pas mal de fausses notes.
Petit à petit, ils commencent à s’écouter et ce concert quasi-improvisé, tout pété, laisse fuiter de jolis moments. “Si vous avez pu le faire maintenant, vous y arriverez toujours”, lance Monsieur Vivi à la troupe, hilare et incrédule de ce qu’elle a à peu près réussi à faire tenir debout.

Je fais passer quelques oraux de stage de troisième dans un état second, après avoir englouti mon repas, puis je repars aider Monsieur Vivi à ranger les instruments. Avant de partir, les cinquièmes Glee insistent pour me montrer la chorégraphie qu’ils ont mis au point. Même si la sonnerie a depuis longtemps retenti. Il est 17h30, je suis censé être en vacances depuis 1h30, mais je veux mettre un point final à cette histoire. Correctement.

Je passe dire bonnes vacances aux adultes de la vie scolaire. Que je découvre sonnés. Pendant que les Glee s’en donnaient à coeur joie, ils ont appris qu’un môme s’est fait tabasser en réunion. Vidéo horrible à l’appui.

Les pics et les abîmes, toujours.

“Il faut réussir à trouver son assise dans tout ça.”, me dit Monsieur Vivi, tandis qu’on prend un RER aussi épuisé que nous.

Pour rentrer, enfin.

Pour danser d’autres masques, quinze jours durant.

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