
Mail d’élève dans ma boîte. Arès.
“Je vous avais dit que je ferais plus de bêtises mais j’en ai fait une avant les vacances et je veux vous le dire pour assumer. Je suis désolé mais je sais que si je vous demande pardon vous vous énerverez alors qu’est-ce que je peux faire, je veux m’excuser.”
(l’orthographe a été lissé).
Je suis déjà au courant en fait. Forcément. Prof principal, tu sais tout. Arès, qui tape encore une fois sur un môme.
J’hésite devant l’écran. Je tape des phrases, je laisse tomber. Je recommence. Partagé entre cette fierté de le voir, maladroitement, tenter d’assumer ses actes. Ma colère de voir que rien n’avance, dans sa violence. Mon inquiétude devant cette confusion qui le pousse, en pleines vacances, à écrire à son prof de collège.
J’aimerais trouver une solution. J’aimerais qu’à la fin de l’année, il y ait une conclusion, réelle, à l’histoire de ce môme qui est devenu, malgré moi – mais pas totalement – un protagoniste de mon petit théâtre intérieur.
En fait, j’ai peur.