
Et le Dimanche, on s’évade !
Je vais être comme tout le monde. Je vais être conformiste. Mais en fait ça n’est pas grave.
J’ai énormément aimé Call me by your name. Qui raconte la passion d’Elio, adolescent pétri de culture et privilèges, pour Oliver, un ami de ses parents.
Il n’y a pas grand-chose d’autre à dire quant à l’intrigue. Et pourtant – c’était ma crainte – à aucun instant je ne me suis ennuyé. Parce que tous les moments : les comportements déconnants d’Elio, les regards, évidemment, le soleil sur les toits du village italien où se passe le film, tout est juste.
Le réalisateur part du postulat : abolissons toutes les difficultés. Le protagoniste ne rencontre aucune difficulté extérieure quant aux sentiments qui vont l’assaillir pour Oliver, sorte de Prince Disney intello. Ce qui l’intéresse, et ce qu’il parvient à rendre passionnant, c’est cette vague toute-puissante et inconnue qui submerge Elio, dont on devine la vie jusque là sans trop d’histoires. Et toutes ces émotions ont quelque chose de terriblement familier. Cette sensation d’être à la fois invincible, du haut de son amour, et totalement soumis au hasard
Et, puisqu’il faut le signaler, peu importe que cette histoire se déroule entre deux personnages masculins. Les corps et les visages sont filmés avec pour seule intention de montrer tout ce que les sentiments peuvent avoir de beau, d’exaltant, et de terrible.
Je n’ai pas aimé Call me by your name parce que j’ai pu m’identifier aux personnages, parce que j’aurais souhaité être l’un ou l’autre. Je l’ai regardé en sentant vibrer, une scène après l’autre, des sentiments que j’ai déjà pu éprouver. Que j’ai, moi aussi, tus, ou exprimés maladroitement, ou vécu.
Et je suis ressorti avec en tête ces mots, vers la fin du film. “Ne te mutile pas.” Call me by your name est un film rare car il donne uniquement envie, en sortant, de vivre mieux. De vivre plus beau. Et c’est tellement rare.