
Demain, heure de vie de classe, exceptionnelle avec les cinquièmes Arkham, pendant mon cours de français. Je ne le dirai pas – parce que “avec MOI, il n’y a aucun souci dans cette classe” est le truc qui fait instantanément de toi une raclure de bidet – mais cette classe a fini par devenir presque plaisante.
La cinquième Arkham est la deuxième classe, depuis mon arrivée à Ylisse, dont les élèves s’épanouissent totalement dans l’imagerie d’Épinal.
Après mille projets, des tentatives désespérées de différencier, pour trouver ce qui faisait leur identité profonde, à chacun, j’en suis arrivé à cette conclusion : ces mômes veulent de l’École, comme on en voit dans les journaux télévisés. Arriver avec leurs livres, avoir la petite interro du jour, la dictée hebdomadaire, l’évaluation notée sur vingt. Les compétences, j’ai cessé de les leur expliquer pour le moment, ils n’en n’ont rien à carrer, du coup je les valide seul.
Ils aiment lire de grands textes littéraires, les BD ou les extraits vidéos “un petit peu mais pas trop trop, sinon on est en retard après.”
L’autre jour, ils ont passé une heure à travailler sur la description d’un pirate projeté au tableau. La leçon à côté d’eux, tirant la langue pour utiliser le bon vocabulaire. Et j’ai eu le temps d’aller les voir, chacun de leur côté, m’asseoir à côté d’eux, travailler sur les soucis de graphie de Mose, les difficultés de compréhension de Gabocha, pousser Farah un peu plus loin. Chose que je ne réussis jamais, même en cinquième Glee.
Et pourtant, comme le montre cette heure de vie de classe, la cinquième Arkham est loin, très loin d’être parfaite. Violences verbales et physiques, élèves en décrochage dans beaucoup de matières.
Accalmie tombée du ciel en français dont, égoïstement, je me réjoui très fort.