
Ça y est. Ils sont enfin partis, et il ne nous reste plus qu’à faire de même.
C’est le moment des adultes. Qui rangent les chaises, balaient le sol et remettent les salle en ordre. Remise en ordre d’une semaine de chaos délirant.
“On va faire un sitting ici ?” demande S., le frère de Monsieur Vivi, mi-rigolard mi-incrédule, tandis que l’on attend F. pour pouvoir parler avec elle de la performance que les mômes ont donnée il y a vingt minutes.
“C’est toujours très compliqué de quitter Ylisse.”, réponds-je d’une voix somnolente.
Il ne reste plus en moins le moindre espace pour ce qui s’apparente de près ou de loin à un élève. Cette semaine d’école ouverte, rétrospectivement, était sans doute une entrave à mon credo, de ne jamais me brûler pour mon métier. J’ai puisé dans mes forces vitales, celles dont j’ai besoin pour tous les aures aspects de ma vie.
Je fais le pari que ça valait le coup. Pour les vingt et quelques gamins, sur les cinquante que nous avons accueillis, qui sont enfin entrés dans l’univers crée pour eux par Monsieur Vivi. Pour ce qu’ils ont découvert en eux-mêmes, dans leurs voix et dans leurs gestes. Pour Gabocha, qui s’est retrouvé au collège par hasard et qui, à la fin est venu me voir : “Je peux entrer en Glee l’année prochaine. Je veux essayer de faire pareil.” et c’est la première fois que Gabocha me dit qu’il veut quelque chose. Pour ce moment de vie qui n’a ressemblé à rien d’autre de ce que j’avais vécu jusque là.
Il ne reste plus qu’à retoucher terre, ce soir-là. Avec Monsieur Vivi, S., et I.
Le plus doucement possible, préparer ses nouvelles quêtes. Le plus loin possible des enfants, d’Ylisse, pour pouvoir y revenir avec joie, dans une semaine.