
Aujourd’hui, j’ai revu F. F. était prof d’Histoire-Géographie à Crimea, le collège dans lequel je bossais avant Ylisse. Où j’ai vraiment appris mon métier. C’est un moment très doux, entre les croissants et les rires de ses deux filles. On parle un peu du travail, pas trop. F., toujours aussi brillante : agrégée, formatrice, prof en lycée.
Nous racontons nos projets. Elle la formation qu’elle a préparée et à laquelle j’assisterai le mois prochain, moi Ezia. Quelques nouvelles des mômes, pas trop.
En revenant, je me rappelle la raison pour laquelle j’avais quitté ce bahut les larmes aux yeux : la douceur rigoureuse avec laquelle j’y allais chaque jour. Celle qui, encore aujourd’hui, atténue les flammes d’Ylisse. À Ylisse, on n’est que grandes aventures, euphorie et tristesse, joies et peines intenses. À Crimea, j’ai eu quatre années pour me stabiliser. Avec une équipe qui changeait peu, une salle de classe qui m’était attribuée, des élèves un poil moins en demande qu’aujourd’hui.
Ylisse est mon épopée. Crimea, ce sont mes racines.
Bien sûr que ce ne sont que les fantasmes débiles d’un prof qui recherche de la cohérence dans son sacerdoce. Mais en rentrant sous le soleil serein du printemps, je souris, à l’idée de ce travail, aussi bénéfique que toxique. Qui me forme autant que je cherche à lui donner mon empreinte.