Vendredi 27 avril

Correction de quelques copies de brevets blancs aujourd’hui. Il y a quelque chose d’à la fois très frustrant et très touchant dans cet examen. J’ai la sensation que la plupart des mômes s’appliquent à copier des gestes, des rituels, que nous leur enseignons à longueur d’année. Mais sans en saisir le sens profond.

Les mots sont maladroitement repris des questions, les relevés de textes approximatifs. Rarissime sont les devoirs prouvant que les gamins ont vraiment assimilé les rudiments de l’analyse de texte. Reproduction, et pas assimilation.

Comment pourrait-il, d’un autre côté, en être autrement ? Le brevet est l’un des exercices les plus artificiels qui soient. Et les gamins, à Ylisse, n’ont pas assez confiance en eux pour affronter cet exercice figé avec leurs propres connaissance et leur propre sens critique. Ils imitent sans grande conviction les corrigés que nous leur avons fournis tout au long de l’année. Cette année encore, je ne suis pas parvenu à les libérer des automatismes, à leur donner foi en ce qu’ils savent. Qu’ils savent vraiment.

Tant de boulot. Encore.

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