Premier vrai jour de vacances. Sommeil et lecture. L’esprit qui tourbillonne. J’ai sous le crâne trop de voix de mômes. J’essaye de compter combien d’échanges j’ai pu avoir depuis le début de la semaine avec les gamins. Avec ce concept d’école ouverte, impossible de recourir au classique moment de repos : “Maintenant vous travaillez seuls, je me mets en retrait.”
Les collègues et moi avons pris de plein fouet, cinq heures par jour, leurs demandes, leurs espoirs, leurs caprices, leurs envies.
Pour le moment, j’aspire juste au silence. Pour retrouver le bruit de mes pensées à moi.
Ça y est. Ils sont enfin partis, et il ne nous reste plus qu’à faire de même.
C’est le moment des adultes. Qui rangent les chaises, balaient le sol et remettent les salle en ordre. Remise en ordre d’une semaine de chaos délirant.
“On va faire un sitting ici ?” demande S., le frère de Monsieur Vivi, mi-rigolard mi-incrédule, tandis que l’on attend F. pour pouvoir parler avec elle de la performance que les mômes ont donnée il y a vingt minutes.
“C’est toujours très compliqué de quitter Ylisse.”, réponds-je d’une voix somnolente. Il ne reste plus en moins le moindre espace pour ce qui s’apparente de près ou de loin à un élève. Cette semaine d’école ouverte, rétrospectivement, était sans doute une entrave à mon credo, de ne jamais me brûler pour mon métier. J’ai puisé dans mes forces vitales, celles dont j’ai besoin pour tous les aures aspects de ma vie.
Je fais le pari que ça valait le coup. Pour les vingt et quelques gamins, sur les cinquante que nous avons accueillis, qui sont enfin entrés dans l’univers crée pour eux par Monsieur Vivi. Pour ce qu’ils ont découvert en eux-mêmes, dans leurs voix et dans leurs gestes. Pour Gabocha, qui s’est retrouvé au collège par hasard et qui, à la fin est venu me voir : “Je peux entrer en Glee l’année prochaine. Je veux essayer de faire pareil.” et c’est la première fois que Gabocha me dit qu’il veut quelque chose. Pour ce moment de vie qui n’a ressemblé à rien d’autre de ce que j’avais vécu jusque là.
Il ne reste plus qu’à retoucher terre, ce soir-là. Avec Monsieur Vivi, S., et I.
Le plus doucement possible, préparer ses nouvelles quêtes. Le plus loin possible des enfants, d’Ylisse, pour pouvoir y revenir avec joie, dans une semaine.
Et comme dans toute expérience artistique, théâtrale, l’affect prend une place démesurée. En premier lieu avec Tir. Tir, “élève à problèmes” d’Ylisse. Famille foldinguo, comportement parfois abominable (il a insulté une prof), résultats lamentables.
Tir que je n’ai pas en cours.
Tir, musicien génial, multi instrumentiste et batteur extraordinaire. Tir qui assure à lui tout seul ou presque la cohérence musicale du projet.
Tir qui, depuis quelques temps, est attiré par les lumières du théâtre.
Et comme Monsieur Théâtre, par défaut, c’est un peu moi, Tir vient souvent me voir. Me pose de plus en plus de questions. En deux jours, il a appris son texte. Demande comment interpréter cette réplique, jongle entre accompagnement et jeu théâtral.
Je ne l’ai pas encore félicité. Je me contente de le conseiller. De l’orienter, d’exiger. Plus je le fais, plus il demande. En moi, cette euphorie qui monte. Envie de lui dire qu’il est excellent. Qu’il n’a que les bonnes intuitions, que je suis admiratif de ce qu’il fait.
Mais, avec cette certitude de déjà vieux prof, je sens que ce serait une erreur. Ce dont Tir a besoin, c’est, pour le moment, de réel. Bonne idée, Tir, précisez ce geste. Ouvrez votre bras, allons, plus. Montrez cette colère. Dans le front. Arrêtez de froncer comme ça, vous valez mieux qu’une pantomime.
Tir, qui adore courir, s’isole pour apprendre son texte. Et inlassablement, reviens me parler seul à seul.
Rapport de séduction éphémère. Je ne suis pas son prof, et je peux donc l’imaginer comme un môme excellent, doué, et respectueux. Et je crois que, pour cette semaine, c’est tout ce dont il a besoin
En ce jeudi soir, les mômes se réunissent. Je leur explique que j’ai adoré bosser avec eux. Très fort. Qu’après le spectacle de demain soir, une sorte de filage amélioré, je ne leur dirai rien de plus, parce que je voudrai rentrer chez moi, et que les quatrièmes Glee, je ne les verrai plus avant un moment. Benvolio se tourne vers Tir, lui glisse “C’est vrai, il fait toujours ça, Monsieur Samovar.”
Tir me regarde. Très droit. Et ne me quittera pas des yeux jusqu’à la fin de mon laïus, jusqu’à ce qu’il ait disparu dans un coin du couloir.
C’est une journée compliquée. Ça y est, les gamins ont enfin lu l’intégralité des scènes des Cités Aveugles (c’est comme ça que s’appelle le spectacle) et en ont plus ou moins joué les scènes.
Maintenant il faut vraiment travailler.
Placer ta main là plutôt qu’ici. Arriver quelques instant plus tard. Ne pas te mettre totalement de profil. Du travail minutieux, de comédien, pour une troupe de cinquante gamins, excités par les vacances.
Je ne peux que m’appuyer sur ceux qui sont déjà acquis à ma cause. Qui aiment mon côté foutraque ou ma rigueur. Que j’intrigue, s’ils ne m’ont jamais eu comme prof.
“Mais monsieur, vous savez trop danser en fait !”, pendant que je propose un pas de chorégraphie. Je ne sais pas danser, je taper juste des scores king crazy dans Persona Dancing all night.
Se trouver une légitimité, dans ces répétitions. Je fais appel à toutes mes connaissances. Ex intermittent du spectacle, conteur, cartomancien, joueur de jeux vidéos et, parfois, prof. Elle est étrange cette école ouverte. Douce et intense.
Hier, mes cartes de Tarot me prédisaient une perte, et j’ai paumé mon portefeuille. Ce soir, elles me parlent d’une montagne de boulot.
Des fois, la divinations enfonce des portes ouvertes.
Rétrospectivement, je me dis que c’est une rétribution cosmique. De ce qu’il se passe en ce moment, en ce deuxième jour de stage de répétition du spectacle de fin d’année
Ça commence par A., la prof-doc, qui a rejoint l’équipe des profs impliqués dans le projet, se plongeant dans la conception des décors et des costumes avec une ferveur de samouraïs. Elle a converti une bande d’ado inhibés aux costumes fluos et paillettes (pour une moitié d’entre eux), et à la peinture phosphorescente (pour l’autre). Ils sont prêts à se laisser teindre les cheveux et à porter des tutus.
Ça continue avec Aria. Aria est un peu la caution “Cercle des poètes disparus” des cinquièmes et quatrièmes Glee. Elle n’aime rien tant qu’être sur scène. Son regard ne brille jamais autant que lorsqu’on lui explique, après plusieurs essais, que son intention était juste sur scène, et qu’on l’appelle Deliah, le nom de son personnage sur scène. Aujourd’hui, pour la première fois, elle m’a demandé “comment je lis ça, monsieur ?” Première demande de conseil. À vivre comme un adoubement.
Adoubement connu aussi avec Locke, qui joue le père du personnage principal. Une sorte de vagabond magnifique. À Locke, j’ai prêté la veste gothique chic à dentelle noire et boutons brillants que mes parents m’ont offert à Noël. Une fois qu’il l’a enfilé, qu’il a eu entre les mains une fausse canne et un chapeau haut de forme déglingué, la salle de répé a tremblé. Le môme qui se pliait gentiment aux consignes est devenu ce mec de quarante balais, glandeur. Tellement en sécurité qu’il improvise avec joie sur son texte. Et qu’il améliore mille fois le vivant du livret. On rigole beaucoup tous les deux. Je ne suis que son prof de stage, c’est un rapport totalement éphémère, totalement égoïste. Et pour une fois, ça ne prête pas à conséquence.
Face à Locke, Serra. Serra est appliquée, sérieuse, souriante au naturel. Mais quand elle joue la mère du héros, elle doit devenir la froide dirigeante de la Ville d’en Haut. Et émettre un rire inquiétant. Elle essaye, il en sort un murmure gêné. Je me tourne vers le reste de la troupe.
“Quelqu’un aurait un rire inquiétant pour Serra ?”
Les forts en gueule s’en donnent à cœur joie, et bientôt, la salle de répétitions résonne des trilles d’apprentis Docteur Denfer. Quand brutalement, un ricanement sonore nous dresse les cheveux sur la tête. La tête renversée en arrière, Serra fout la honte à des millénaires d’hilarité démoniaque. Bouche bée, nous la regardons.
“Je crois que je l’ai trouvé, monsieur.”
Nous sommes encore dans l’exaltation. La recherche, le débroussaillage. Fais des photos, plein de photos avec ton coeur, me dis-je, comme me l’a déjà conseillé Monsieur Vivi, qui noue des liens de musiques avec les sixièmes Glee, à l’autre bout du collège. C’est cliché, c’est trop beau. Et pourtant, c’est vrai, tout aussi vrai que le laborieux, que le triste, que le difficile.
Il est 8h15 et les neufs degrés parisiens sont ensoleillés. Le printemps parfait.
Avec T. et Monsieur Vivi, nous prenons la voiture pour nous diriger vers Ylisse. Nous avons signé comme des fous pour une semaine d’école ouverte, tous les jours de la semaine, mercredi compris. Pendant une semaine, avec les Glee, nous allons bosser sur leur spectacle.
Une journée entière. Écriture de scène, répétitions, chorégraphies, chants. Cinquante gamins surmotivés.
Et à midi, d’autres collègues, CPE et profs, qui, un peu hébétés de se retrouver là, partagent avec nous leurs aventures.
Impression de ne pas trop savoir ce qu’il nous a pris. Si nous sommes encore profs ou juste, cette fois, des humains qui croient en un projet. Le masque glisse.
Trop dans l’action pour pouvoir prendre du recul. Trop de choses à faire.
La semaine dernière, j’ai participé à un top 10 comme il y en a tant sur les réseaux sociaux. Il s’agissait de lister dix films ayant eu, quel que soit le moment, un impact sur moi. Et mine de rien, je pense que ça en révèle plus sur moi que pas mal de billets de ce journal.
Alors sans plus attendre, voici les dix films qui ont le plus construit Monsieur Samovar !
Les aventures de Robin des Bois : Le premier dont je me souvienne comme d’un “vrai” film. Pour la première fois, je comprends que raconter une histoire à l’écran n’est pas la même chose qu’à travers les mots de maman et papa, le soir, ou que dans les livres. Robin des Bois est une flammèche verte qui parcourt l’écran. Les voix – compassées – des doubleurs dessinent les caractères, et la caméra choisit parfois de montrer la scène de loin, d’autres fois la scène de près. Si j’aime Lady Marianne, c’est à cause de son visage, sur lequel se dessine, au fur et à mesure du film, la complexe géométrie du doute.
Je balbutie. Il y a dans cette cassette vidéo un langage. Dans toutes les autres. Robin des Bois ouvre la porte.
Peau d’Âne : Avec Peau d’Âne, j’apprends que le cinéma peut servir à autre chose qu’à raconter. L’histoire de Peau d’Âne, je la connais, et je m’ennuie un peu à la réentendre. Alors mon regard dérive. Se perd, les mirettes dans les couleurs vives et les robes incroyables de Catherine Deneuve et Delphine Seyrig. Je passe plus de temps à observer qu’à m’identifier. Et bien entendu, je chante. La musique peut aussi envahir la pellicule. On me dira que c’est grotesque, à l’école, et je me bats presque d’indignation. Personne n’a le droit de juger, le film est espace de liberté. Quand je regarde Peau d’Âne, une partie de moi éprouve des choses que nul autre ne peut. Cette partie de moi à laquelle je me reconnecte chaque fois que je me retrouve au cinéma. Peau d’Âne m’a tout ouvert. Les autres films de Jacques Demy, bien sûr, Catherine Deneuve, Christophe Honoré plus tard… et la musique. La musique dans les histoires. Toujours.
Un poisson nommé Wanda : Jamie Lee Curtis et sa bande d’amoureux crétins vont tout bousculer. Les films, ces beaux objets devant lesquels je me tiens dans une révérence fascinée, se transforment. Devant cette histoire, je me tords de rire très fort, je mémorise des scènes entières juste parce que c’est trop bien de faire parler des personnages comme ça, et je découvre le non-sens… et bien entendu, les Monthy Python. Le cinéma ça peut être tout et n’importe quoi, ça n’a pas à être sérieux. Mais ça doit être bien fait. Cette histoire de casse dans une banque est grotesque, mais sérieusement faite, les scènes bouffonnes mais réalisées au cordeau. L’humour est exigeant, je le pige au moment pile où une caméra se retourne, révélant que l’homme qui parlait depuis quelque seconde se tenait en fait tête en bas. Une claque.
L’assassin habite au 21 : Découverte de ma passion pour les huis clos. Les personnages forts en gueule parmi lesquels se cache un serial killer ne peuvent, durant une majeure partie du film, quitter la pension dans laquelle ils logent. Je jubile. De voir les interactions entre des personnes qui se détestent, de voir Suzy Delair provoquer tout le monde avec sa voix punk. Ouais, pour moi, elle a une voix de punk. L’assassin habite au 21 confirme : plus que tout, ce que j’aime, dans les histoires, ce sont les personnages. Ce qui se trame dans les mots et les traits. Il y a plus de mystère là-dedans que dans toute l’action possible.
Le retour du Jedi : C’est la première scène de Star Wars dont je me souvienne, dans le premier épisode que j’ai vu. La créature étrange enlève son masque, et c’est une princesse, venue sauver son amoureux aveugle. Je ne dirai jamais assez ce que la princesse Leia a fait pour moi au niveau des rapports humains, je n’arriverai pas à en parler sans devenir ridicule. Et, bien entendu, il y a tout le reste : un film, plusieurs films, peuvent être un monde. Une galaxie même. Dont je reconstitue, avec plaisir, l’histoire dans le désordre. Nul besoin de commencer à la page 1 quand on aime d’amour Leia, Luke, C3PO et les autres. Quand ils nous accompagnent tout le temps, qu’on les greffe dans sa cervelle pour ne plus jamais les quitter.
Call me by your name : J’en ai déjà parlé suffisamment dans un billet précédent. Il suffit de dire qu’enfin. Enfin juste, oublier tout le reste, que c’est dur, que c’est laborieux, que les sentiments sont si difficiles. Pour se concentrer sur une seule chose : la naissance d’un désir pur, doux et total. Sans jugement et juste avec bonté. Et que ça n’a pas à être grandiloquent. Un film qui apaise. Et qui me conforte dans tout ce que je tente d’écrire, à 35 balais, où je suis Elio tout autant qu’Oliver.
La Cité des enfants perdus : La cité des rêves et des monstres. La cité des humains difformes, chacun à la recherche de son Graal : un frère, des rêves, la liberté. Je ne comprends pas. Je devrais être mal à l’aise, et je ne le suis pas, je veux juste qu’ils obtiennent ce qu’ils veulent. Tous. J’ai une dizaine d’années et les monstres entrent dans mon univers. Ils ne le quitteront plus. Ils sont trop importants, ils sont des guides, trop lumineux.
Bagdad Café : Ce film n’est que doux. Des êtres humains qui apprennent à se connaître et se reconnaître. Jamais je ne me suis trouvé jusque là aussi ému. Il ne se passe, dans ce café du désert, pourtant rien. Mais la bonté de ces gens, dans cet endroit qui me fait découvrir l’immensité des États-Unis, que je retrouverai bientôt en lisant pour la première fois Stephen King. Il y a une noblesse dans la bonté. Credo forgé dans ce film.
On connaît la chanson : C’est du cinéma, juste du cinéma, que du cinéma. Je vois tous les artifices : le script, les plans, les chansons en play back et la direction d’acteur. Et pourtant, je suis au CM2, je n’ai aucun de ces mots. Et surtout, je n’ai à aucun moment le sentiment de superficiel. On connaît la chanson, film totalement artificiel. Fait d’artifice, fait d’art. Et pourtant, drôle, juste, émouvant. En recourant à l’ingéniosité des mots et de la caméra, on recrée une expérience de la vie. Je le comprends avec des années d’avance, quand Sabine Azéma entonne Résiste. C’est dingue.
Autant en emporte le vent : Le dernier, le premier. Il y a tout, dans Autant en emporte le vent. Ma jeunesse et l’intemporel. Mille histoires qui se traversent sous les yeux de Scarlet O’Hara. Je vois dans cette histoire un Âge d’Or que je n’ai jamais connu et les ombres du présent. Je ris et j’ai la gorge serrée, je ne veux pas que ça s’arrête. Je veux être écorchée vif comme Scarlet, doux comme Melany, viril comme Rhett. C’est une saga et c’est intime. C’est tout ce que le cinéma fait exploser dans mon esprit.
Journée passée à se recoudre l’esprit. Boire du thé, beaucoup, acheter le comic que j’attendais depuis longtemps, écrire des paroles de chanson réfléchir à des top 10. Juste, se recoudre l’esprit.
Et, comme à chaque vacances, presque inconsciemment, j’ai placé dans mon champ de vision les copies du brevet blanc.
Ma seule heure de cours aujourd’hui sera de 16h à 17h.
Et je commence à 8h30.
Surveiller le brevet blanc, trois heures. Et voir les élèves tout vides. Trop fatigués pour faire semblant de dissimuler leur impatience. Les quatre dernières minutes de l’épreuve, ils ont tous l’œil fixée sur l’horloge. Ils partent tous en se retenant très fort de crier, on n’est plus en sixième.
Sauf Daria et Lelio, bien sûr, qui restent traîner à ranger les chaises. Le temps pour Daria de trouver une réplique qui va me faire hennir de rire.
Accompagner les cinquièmes Glee à une exposition sur le Japon. Ça papotte gentiment. Dix ou douze viennent me parler de leurs lectures, de leur vie, du spectacle qu’ils ont vu hier. Monsieur Samovar a été exclusivement prof et absolument pas papa ces dernières semaines. En plus on était souvent avec les quatrième. Alors ils en profitent, juste ce qu’il faut. Et ça me rend aussi heureux qu’eux.
Montrer l’adaptation Disney de L’île au trésor aux cinquièmes Arkham, enfin. Ils ont été abominables l’heure d’avant en espagnol. Ils se retrouvent comme de petits enfants face à Long John Silver. “Il me fait peur…” balbutie Nanami, dont le signe particulière est d’être suffisamment agressive pour faire sortir Cheffe Adjointe de ses gonds.
Une journée foutraque, une journée de presque rien.