Mardi 8 mai

Etude d’un texte d’Aristophane avec les troisièmes Max. Une scène entre la déesse de la pauvreté et un citoyen d’Athènes. Pour l’homme, les richesses devraient être équitablement réparties, tandis que la Pauvreté défend les avantages d’une société dans laquelle règne l’inégalité.

“En fait, elle veut que ce soit comme au collège”, rigole Sierra.

Je hausse les sourcils, écarquillant mes yeux de lapin albinos (merci les allergies) :

“On n’est pas à égalité, au collège ?
– Ben non. Il y en a qui ont de bonnes notes et d’autres non.
– D’accord. Mais dans l’ensemble, vous avez les mêmes cours, les mêmes chances que n’importe quel autre, au début de l’année.
– Ah ouais ? Et alors pourquoi vous ne faites pas réussir tout le monde ?
– C’est à nous de vous faire réussir ?
– À qui d’autre ?”

Les troisièmes sont comme ça, cette année, dans une immense majorité. C’est la première année que je les vois ainsi. Soumis à un destin inéluctable. Chacun a déjà sa place, et rare sont ceux qui s’emparent de leur vie à venir. Je ne me l’explique pas. Les quatrième qui les succéderont, même s’ils sont nettement plus tangents au niveau de l’attitude sont nettement plus volontaires. Une énigme de passivité résignée. Je hausse les épaules.

“Aristophane a écrit ça il y a presque vingt-deux siècles. Ça fait deux mille deux cents ans que des gens se posent la question de l’équité, du destin et de la liberté.
– Et donc ?
– Ça peut vouloir dire que ça vaut le coup non ?
– Ouais mais bon si on n’a pas trouvé la réponse depuis ce temps, c’est peut-être que c’est juste pas possible hein.”

Laisser un commentaire