
Beaucoup, beaucoup de temps passé avec Monsieur Vivi pour terminer le spectacle des Glee, “Les cités aveugles.” La scène de fin sera une apogée, un fantasme tirée d’une fin de jeu vidéo : un medley de toutes les chansons chantées, montrant le monde changé par les actions des héros.
Et puis, avec Monsieur Vivi, on prend la décision qu’il y aura davantage de solos. Et que chaque élève sera sonorisé avec un micro individuel. Alors que jusque là, les solos c’était juste une phrase.
“Les cités aveugles”, seront vraiment mon fantasme, l’espace d’un instant, d’être Will Schuester.
Et c’est important, c’est que je j’explique à T. Ces dizaines d’heures passées à écrire, à faire répéter les mômes, à envoyer des mails et à porter du matériel, c’est un cadeau que je fais à l’une des facettes de ma personnalité. Celle qui écoute de la pop sur Spotify, celle qui, justement, a vu tout Glee et a un top 5 de ses personnages préférés, celle qui lit encore des mangas. Je la tourne assez souvent en ridicule. Alors que ce masque-là est un pilier, tout aussi solide, plus, sans doute, que mon côté prof, que mon horizon d’artiste, que mon ascendant connard. À qui j’accorde plus souvent le droit de me montrer désagréable que j’assume d’avoir des cœurs dans les yeux quand j’imagine, dans quinze ans, mes élèves de cinquième interpréter Wicked devant une salle comble.
Alors, jusqu’au 29 mai dans une immense salle de banlieue parisienne, je participe aussi fort que je peux à cette histoire écrite par et pour les mômes d’Ylisse, l’histoire d’une ville du haut et d’une ville du bas, l’histoire de parents un peu désabusés et de gamins un peu insupportables.
Mais qui vont tout changer.