Et le Dimanche, on s’évade.

Strange Journey vient de ressortir sur 3DS dans une version améliorée. (Oui, ça cause jeu vidéo). Étrangement, même s’il n’est pas mon jeu préféré, il reste l’un de ceux qui me revient le plus souvent en tête. Peut-être à cause de son ambiance, à la fois hostile et attachante, son côté SF rétro ou sous scénario d’une simplicité diabolique.
Postulat : dans les années 2000 et quelques, une sorte de vide apparaît au Pôle Sud et commence à s’étendre progressivement, menaçant d’engloutir la Terre. L’ONU dépêche quatre véhicules équipés de technologies de pointe ainsi que de l’élite scientifique et militaire mondiale. Leur but : plonger dans ce pseudo-trou noir pour comprendre ses origines. À l’intérieur, le groupe découvre un monde étrange, formé de reliquats de la civilisation actuelle, et envahi de démons et de créatures angéliques. Bientôt, un dilemme se pose : faut-il chercher à tout prix à refermer cette brèche en comptant sur les dérisoires moyens dont dispose l’équipe, ou s’allier avec l’une des deux factions en présence pour en exploiter le pouvoir ? Bien vite des dissensions apparaissent…
Strange Journey n’est pas un jeu aimable. Il appartient au style des explorations de donjon (dungeon crawler dans la langue de Shakespeare), dans lequel on contrôle, en vue à la première personne, un groupe qui explore de vastes environnements en se déplaçant case par case.
Groupe composé du personnage que vous incarnez, l’un des militaires envoyés en mission et de ses alliés surnaturels. Car rapidement, il sera loisible de recruter anges et démons dans son équipe. C’est même d’ailleurs essentiel, car le héros est faible. Et le restera durant tout le jeu. Le seul espoir de survie consiste à passer des pactes avec des créatures monstrueuses afin d’en affronter d’autres, plus puissantes encore.
C’est donc à la tête d’une troupe pour le moins étrange que l’on explore le labyrinthe du trou noir nommé Schwarzwelt. Sur des musiques que je trouve terriblement angoissantes (sourdement pulsés, et accompagnées de voix inhumaine), on cherche désespérément une sortie et une issue pour l’humanité, qui ne soit pas fatale. Seuls les retours au Red Sprite, le vaisseau principal, fournissent l’occasion d’échanger un peu avec les autres membres de l’équipage et Arthur, une IA pour le moins loquace.
Strange Journey résiste. Il permet de créer l’illusion d’un monde dans lequel l’humain n’a pas sa place. Et de sombres pressentiments nous agitent, alors que nous nous enfonçons toujours plus profondément dans les tréfonds de ces couloirs austères. Si l’on arrive à accepter la simplicité des décors, le combat au tour par tour souvent ardu, alors le charme opère et l’on peut affronter de toutes ses forces ce que la Terre a déployé pour se débarrasser de cette hôte indésirable, l’humanité.