Vendredi 11 mai

Pour conclure cette semaine gruyère, un vendredi comptant double. À commencer par la remise des copies de brevet blanc aux deux classes de troisièmes. Qui commencent immédiatement le marchandage :

“On peut avoir un devoir noté pour rattraper la moyenne ?”

Rattraper la moyenne. C’est leur grand truc. Je bataillerai deux heures durant à essayer de les faire bosser. Rien à faire, ce qu’ils veulent c’est effacer cette vilaine note, la voyant comme la maladie et non le symptôme. Y., le CPE venu pour leur faire noter quelque chose dans le carnet leur passe un ronflon.

“Il dit toujours qu’il faut qu’on travaille davantage.”, grogne Oulan après son départ.

“Et vous pensez qu’il a tort ?
– Oui ben ça va, on travaille depuis la sixième, heureusement que c’est bientôt fini !
– Euh… vous la voyez comment, la vie après le collège ?
– Tran-quille, monsieur. Plus personne pour nous dire quoi faire.
– Euh… les profs de vos lycées, peut-être ?
– La vie monsieur ! (Ils disent “la vie”, depuis que j’ai interdit “la vie de ma mère”), mon frère il est jamais allé dans son lycée pro, et il joue à la PS4 quand il veut. Moi, j’attends que ça !”

Dans ces moments là, je regarde Jézégonde, aussi gracieuse que son prénom est vilain. Jézégonde, dont l’intelligence illumine le visage, Jézégonde, passé de 8 à 16 de moyenne en français. Jézégonde qui est un peu la seule troisième pour qui j’ai l’impression de bosser en ce moment. Les troisièmes Max ne savent pas à quel point la vie de nombre d’entre eux a été sauvé par l’attitude de leur pote, devant qui je me sentirai un peu honteux à jouer du thérémine avec leurs intestins.

Envie visiblement partagée par T. que je retrouve à l’heure de midi. Même sentiment de lassitude et d’inutilité. Qui m’attriste terriblement. T. est devenu, en quelques années, le collègue de français que je respecte le plus professionnellement. Et pour le coup, je suis capable de mettre de côté l’affection totale que j’ai pour lui. Les cours de T. sont d’une clarté et d’une rigueur incroyable, et il parvient, malgré tout, à les mettre à portée de tous. Il parvient le tour de force de ne jamais transiger sur ses exigences tout en prenant le temps de s’intéresser à tous ses mômes.
Qui pourtant, en troisième, se comporte exactement comme mes élèves. Découragement de ce type extraordinaire, face auquel je n’ai à opposer que quelques faibles mots. Je suis en colère. En colère contre des mômes qui, en fin de troisième, n’ont pas l’honnêteté de prendre une once de responsabilité sur leurs épaules. Oui ça demande du courage de se dire que son avenir dépend avant tout de soi. Mais merde. C’est aussi ça être une bonne personne.

J’ignore si mes cinquièmes le deviendront, de bonnes personnes, mais les deux classes arrivent à me consoler de cette matinée difficile. Les Glee qui, égaux à eux-mêmes, enchaînent un contrôle et une répétition du spectacle de fin d’année (J-17, je me fais pipi dessus, un peu).

Et puis les Arkham. Qui continuent à se comporter en élèves d’Epinal. Petit cahier toujours bien propre, cours de la bonne couleur, révisions bien faites. J’hallucine sur leurs contrôles communs, qu’ils ont mieux réussi que les Glee, devant le fait que Bob, qui écrivait sur trois lignes d’un coup au début de l’année, fait maintenant tenir ses lettres sur une interligne. Sur le fait qu’ils assimilent de 16h à 17h ce que c’est qu’une scène d’exposition. La douce sérénité d’apprendre.

Je quitte le bahut l’esprit en miette de tant de contradictions. La voix de Monsieur Vivi m’apaise comme souvent, comme à chaque fois que nous parlons de nos vies et de notre boulot. De notre vision du monde.

Recoudre, un peu, l’infini chaos.

Jeudi 10 mai

Rédaction d’élève. Raconter la suite d’un texte de Didier Daeninckx, dans lequel un aveugle de naissance terriblement raciste se rend compte qu’il est noir, comme tous ces gens qu’il méprise.

Dans la rédaction, l’homme se rend compte qu’il est finalement blanc, et que tout cela n’était qu’un stratagème élaboré par son médecin pour le faire réfléchir.

“J’ai bien compris la leçon, et jamais je n’ai eu aussi peur de ma vie quelle horreur !”

Je jette un coup d’oeil sur le fichier d’anonymat des élèves : la gamine est black.

C’est toujours la même chose.

Mercredi 9 mai

Beaucoup, beaucoup de temps passé avec Monsieur Vivi pour terminer le spectacle des Glee, “Les cités aveugles.” La scène de fin sera une apogée, un fantasme tirée d’une fin de jeu vidéo : un medley de toutes les chansons chantées, montrant le monde changé par les actions des héros.

Et puis, avec Monsieur Vivi, on prend la décision qu’il y aura davantage de solos. Et que chaque élève sera sonorisé avec un micro individuel. Alors que jusque là, les solos c’était juste une phrase.

“Les cités aveugles”, seront vraiment mon fantasme, l’espace d’un instant, d’être Will Schuester.

Et c’est important, c’est que je j’explique à T. Ces dizaines d’heures passées à écrire, à faire répéter les mômes, à envoyer des mails et à porter du matériel, c’est un cadeau que je fais à l’une des facettes de ma personnalité. Celle qui écoute de la pop sur Spotify, celle qui, justement, a vu tout Glee et a un top 5 de ses personnages préférés, celle qui lit encore des mangas. Je la tourne assez souvent en ridicule. Alors que ce masque-là est un pilier, tout aussi solide, plus, sans doute, que mon côté prof, que mon horizon d’artiste, que mon ascendant connard. À qui j’accorde plus souvent le droit de me montrer désagréable que j’assume d’avoir des cœurs dans les yeux quand j’imagine, dans quinze ans, mes élèves de cinquième interpréter Wicked devant une salle comble.

Alors, jusqu’au 29 mai dans une immense salle de banlieue parisienne, je participe aussi fort que je peux à cette histoire écrite par et pour les mômes d’Ylisse, l’histoire d’une ville du haut et d’une ville du bas, l’histoire de parents un peu désabusés et de gamins un peu insupportables.

Mais qui vont tout changer.

Mardi 8 mai

Etude d’un texte d’Aristophane avec les troisièmes Max. Une scène entre la déesse de la pauvreté et un citoyen d’Athènes. Pour l’homme, les richesses devraient être équitablement réparties, tandis que la Pauvreté défend les avantages d’une société dans laquelle règne l’inégalité.

“En fait, elle veut que ce soit comme au collège”, rigole Sierra.

Je hausse les sourcils, écarquillant mes yeux de lapin albinos (merci les allergies) :

“On n’est pas à égalité, au collège ?
– Ben non. Il y en a qui ont de bonnes notes et d’autres non.
– D’accord. Mais dans l’ensemble, vous avez les mêmes cours, les mêmes chances que n’importe quel autre, au début de l’année.
– Ah ouais ? Et alors pourquoi vous ne faites pas réussir tout le monde ?
– C’est à nous de vous faire réussir ?
– À qui d’autre ?”

Les troisièmes sont comme ça, cette année, dans une immense majorité. C’est la première année que je les vois ainsi. Soumis à un destin inéluctable. Chacun a déjà sa place, et rare sont ceux qui s’emparent de leur vie à venir. Je ne me l’explique pas. Les quatrième qui les succéderont, même s’ils sont nettement plus tangents au niveau de l’attitude sont nettement plus volontaires. Une énigme de passivité résignée. Je hausse les épaules.

“Aristophane a écrit ça il y a presque vingt-deux siècles. Ça fait deux mille deux cents ans que des gens se posent la question de l’équité, du destin et de la liberté.
– Et donc ?
– Ça peut vouloir dire que ça vaut le coup non ?
– Ouais mais bon si on n’a pas trouvé la réponse depuis ce temps, c’est peut-être que c’est juste pas possible hein.”

Lundi 7 mai

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Journée parfaite.

Ce genre de journée où tout se passe bien. Où l’on ose à peine en parler, tellement tout semble fonctionner comme vous le souhaitez.

À commencer par les cinquièmes Glee. Dix d’entre eux me demandent instantanément des nouvelles de M., venu l’autre jour pour les faire chanter. Arès n’a jamais été aussi souriant et prend la tête de l’atelier de révisions de l’évaluation commune de la semaine prochaine. Presque tous ont compris le principe de la réécriture, que je peine encore à expliquer aux troisièmes. Je les vois grandir. Grandir à toute vitesse. Et apprendre parce qu’ils ont compris qu’ils le font pour eux. Les cinquièmes Glee, la classe que nous avons couvé avec M. Vivi. Plus que deux mois. Apporte-leur. Le plus possible. Parce qu’après, c’est le jeu, c’est normal, c’est le mieux pour eux, tu les laisseras partir. Sois reconnaissant, M. Samovar, espèce de prof sentimental, de tout ce qu’ils acceptent de toi.
Ils sont beaux.

Puis une heure de cinquièmes Arkham. D’eux aussi, Monsieur Samovar, tu peux être fier. Plus personne, aujourd’hui, ne prête attention aux récriminations de Nanami. Nina, après avoir hésite pendant de nombreuses semaines, est devenue le pilote de la classe et, la main toujours levée, explique à ceux qui comprennent moins vite, ce qu’est une métaphore. Gabocha, que J. l’assistant pédagogique aide avec constance, prend désormais fièrement la parole chaque fois qu’il a la réponse. Cinquième Arkham, complètement dysfonctionnelle, désormais heureuse en cours de français, car ils aiment jouer la classe modèle. Leçon récitée à chaque début de cours, vocabulaire soigneusement copié dans le lexique, dans les bonnes couleurs. Ils se sont construits une classe exemplaire, juste pour eux.

Deux heures de troisième Max. Qui sèche de plus en plus. Ne reste cet après midi, qu’un carré d’élèves qui s’accrochent encore. Alors je tente Aristophane. Et ils adhèrent. Malgré leurs difficultés et leurs lacunes.
“T’as pas pris ta pause ?” se moque Lamia à Lucia entre les deux heures.
“On a passé le stade de la pause.” réplique Lucia. “Au lycée, on n’y aura pas le droit.”

Je quitte le bahut avec T., qui m’offre sa soirée. On parle d’Ezia, on parle de nos avenirs et de nos étoiles, communes et contraires. Je rentre plein de lumière. Je m’émerveille d’avoir été mis sur la trajectoire de tant d’êtres de bonté.

Certaines journées sont triomphantes.

Aujourd’hui, c’était la mienne.

Samedi 5 mai

Nous sommes rentrés dans le mois du délitement.

Il n’y a qu’à jeter un coup d’œil sur le calendrier. Ponts et examens, soleil qui pointe, dates, déjà, des derniers conseils de classe qui commencent à être chuchotées.

La fin de l’année scolaire est encore loin. Et pourtant, déjà, comme un fil qui en se détachant entraîne le reste des mailles, on sent que la fin de l’année arrive. Que les rituels mis en place cette année commencent à perdre de leur pouvoir. Et que nous écrivons les derniers chapitres de notre histoire avec ces mômes-là.

Pour la première fois, cœur serré.

Vendredi 4 mai

M. est quelqu’un que j’aime très fort. Je ne peux que le dire de cette façon, et y mettre moins de naïveté serait trahir ce que j’éprouve pour lui. Je l’aime très fort pour l’enthousiasme dont il fait preuve, tant dans ses études que dans ses loisirs, sa passion pour la musique et la pureté de ses idéaux. M. est l’une des pointes d’un triangle de personnes qui constitue un peu de stabilité dans cette mer agité que je baptise grotesquement mon existence. Plus d’une décennie nous sépare, et jamais je n’ai eu l’impression que cela avait une quelconque importance.

Aujourd’hui, je fais un pari.

Aujourd’hui, j’ai invité M. à venir diriger les cinquièmes Glee. Car M. est un chanteur, danseur et comédien merveilleux. En amateur, et M. m’a fait comprendre que ce terme n’a rien de péjoratif.

Une semaine avant sa venue, il envoie, à Monsieur Vivi et moi, un déroulé des activités qu’il compte proposer aux gamins. Un truc en béton armé. Et pourtant j’ai des craintes. Des craintes d’aller contre mon credo. Mêler ma vie d’H. et de M. Samovar, mêler l’amitié et le boulot. Amener M., frêle et solaire, dans la grisaille épique d’Ylisse.

Il fait un temps radieux quand je vais le chercher à la gare de RER. M. parle beaucoup, il est très nerveux. Jusqu’au moment où les Glee le rencontrent. M. déploie ses ailes, et les mômes font face à un elfe à la voix calme et mesuré. Il raconte sa vie, son parcours, ses études. Vingt-trois paires d’yeux respectueux mais un brin circonspect le considèrent.

Question de rythme : à ce moment, je lance une vidéo de l’une des dernières comédies musicales dans laquelle M. tient un rôle important. Il déboule en vidéo, vêtu d’un costume de Pierrot excentrique, interprétant un “New York New York” hallucinant. Les cinquièmes se prennent en pleine face que oui, on peut faire ça. Que quelqu’un a pris le train depuis Lille pour leur apprendre à monter quelques marches.

Credo de M. “On va être ridicules tous ensembles, et c’est ce qui va être bien.” Et à ma stupéfaction, les mômes suivent. Ils crient sur commande, font des grimaces, se suivent à la queue leu leu, et se remettent en rang immédiatement. Ils ont donné leur confiance à cet inconnu. Pour mille raisons. Parce qu’il chante bien, parce qu’il est drôle, parce qu’il est un mec et que oui, les garçons le comprennent et c’est capital, on peut jouer n’importe quoi et conserver sa virilité.

Je n’interviens que par touches infimes. Pour mettre un peu de rythme recadrer un brin. Permettre à M. de se reposer un peu. Ou faire la transition quand Monsieur Vivi arrive pour continuer à les faire bosser.

Quatre heures. Quatre heures et dix minutes de pause. Les gamins bronchent à peine devant ce rythme délirant.

“J’ai peur qu’on leur présente un monde un peu trop idyllique, laché-je pendant la pause.”

Monsieur Vivi serre les lèvres.

“Il y a assez de gris, dans leur vie. Et on a la chance de pouvoir leur donner de la lumière. Il faut en profiter.”

M. ne lâchera pas ses exigences de l’après-midi. Oui, on crie “Ninja !” en faisant un geste ridicule, mais il faut le faire précisément. Et tout le monde. Tout. Le. Monde.

Pendant quatre heures, les cinquièmes Glee, à la convergences de trois lueurs. La mienne, celle, chaleureuse et fluide de Monsieur Vivi et celle, radieuse et sans compromis de M. Ils sortent de l’expérience épuisés, un sourire aux lèvres. 

Nous n’avons pas révolutionné la pédagogie. En sortant, après un trajet en RER passé à discuter avec bonheur, chacun de nous trois repart sans éprouver le besoin de se faire de grands serments ou de passer quatre heures à disséquer la moindre seconde du cours. Mais, l’espace de quatre heures, nous avons donné le meilleur de nous même pour exiger le meilleur d’eux-mêmes. Puisant notre force dans celle des autres.

Et c’était beau.

Jeudi 3 mai

C’est avec un quart d’heure d’avance et des cernes jusqu’au dessous des genoux que j’arrive sur le quai du RER, en ce nouveau jour de la grève des cheminots. J’ai pris mes dispositions, tout va bien, le train m’amenant jusqu’à Ylisse (que nous appelleront ZOZO) est prévu en partance à l’heure.

J’arrive sur le quai de la Gare de Lyon et mon intuition, ainsi que les hauts-parleurs, me soufflent que ça risque d’être en fait un peu plus compliqué que ça. Les tableaux indicateurs clignotent, façon Noël de l’Apocalypse, le ZOZO est annoncé en partance imminente, retardé, puis supprimé et les usagers de la SNCF, moi compris, ressemblent à des figurants particulièrement bien grimés de Walking Dead. Je suis rejoins par B. et C. qui elles aussi ont eu l’idée incongrue d’aller bosser aujourd’hui.

Après quelques dizaines de minutes passées à discuter en priant toutes les divinités possibles de Cthulhu au Saint Bretzel (B. vient de l’Est), nous apercevons un RER ZOZO qui fend la grisaille souterraine et dans lequel nous nous installons fissa… pour remarquer que, du fait que tout un tas de ZOZO ont été supprimés, ce n’est pas moins de trois de ces trains qui ont été mis en circulation, sur les quais 1, 2 et 3 (le notre) de la gare. Nous nous regardons avec angoisse. Lequel va partir en premier ? La tension est palpable, on se croirait dans un western ou à la dernière manche du Burger Quiz. Enfin, la voix un brin tremblante de l’agent de circulation résonne dans le micro.

“Coucou les gens, bon alors en fait, on va d’abord faire partir le ZOZO du quai numéro 1 et…

*ruée frénétique dans notre RER.

… ne changez pas de train, ne changez pas NE CHANGEZ PAAAAAAS !”

Autant dire à une classe de 3e de rester pendant la récré. B., C. et moi faisons preuve de civisme – et puis aussi, on est bien content d’avoir posés nos fesses – et restons dans notre train, qui part dix minutes après le premier.

Nous sommes récompensés de notre altruisme par un retard de trente bonnes minutes, notre RER ayant été retardé et s’étant arrêté deux stations plus tôt que prévu.

Nous arrivons à Ylisse un rire nerveux dans la gorge… Je suis de tout cœur avec les cheminots et j’en appelle solennellement au gouvernement : si vous souhaitez que les enseignants des enfants de la nation ne finissent pas à poil sur le bureau à chanter la macarena, ce serait chouette de vous mettre à négocier sérieusement. Bisous tout plein !

Mercredi 2 mai

Depuis environ un mois et demi, plusieurs profs ont instauré quelques minutes de lecture durant leur cours. Chacun selon ses modalités. De mon côté, c’est dix minutes en début d’heure. Ce qui me permet de me livrer à toutes les activités passionnantes auxquelles doit se plier un prof qui n’a pas sa propre salle de classe (déposer ses affaires, allumer l’ordinateur pour faire l’appel, se sentir hyper ventiler parce que l’ordinateur ne démarre pas, ouvrir son sac, se prendre le doigt dans la fermeture éclair, essayer de garder sa dignité, et j’en passe…)

Depuis le début de cette opération, Agnès arrive en cours avec des bandes dessinées. Ce qui ne me pose aucun souci, son rapport à l’écrit quel qu’il soit s’étant jusqu’alors limité à “Nan mais monsieur, ça sert genre trop à rien de lire, vous savez qu’on a des téléphones aujourd’hui !”

Et aujourd’hui, Agnès débarque avec sous le bras Peggy Sue et les fantômes, gros machin de plusieurs centaines de pages, dans lequel elle se plonge sans un mot.

Je m’approche d’elle en souriant.

“Vous êtes passée à la vitesse supérieure ?”

La gamine rougit, et sourit à son tour.

“Bon, en vrai des fois, vous avez raison monsieur.”

Des fois…