Mercredi 29 août

Mail reçu d’un jeune collègue – je suis à une époque de ma vie où je peux employer l’expression “jeune collègue” sans ironie aucune, oh oh oh, la sale impression – qui me demande son avis sur deux de ses séquences. Sur l’écran, se découpent, parfaitement équilibrées, ses heures de cours, pour sa première année en collège. Je rédige un avis que j’espère pertinent en me retenant très fort d’écrire ce qui me tournoie en rouge police 128 sous le crâne : “J’ESPERE QU’ILS VONT ETRE GENTILS AVEC TOI !”

J’ai toujours cette appréhension de maman poule quand débarquent de jeunes collègues – souvent nombreux – à Ylisse, dont les cours sont impeccables, l’enthousiasme florissant et l’envie de s’y mettre débordante. La crainte que la réalité du boulot fasse voler tout ça en éclats. Et lorsque je me suis mis en tête de les accueillir, j’ai souvent agi de façon beaucoup trop exubérante, expliquant avec force moulinets de bras et un sourire que m’envierait le Joker que tout allait très bien se passer, AH AH AH, AH AH AH.

Bref, tout faux quoi.

Sacrée leçon d’humilité et de calme : “accompagner” les jeunes collègues, quand on est soi-même prof, c’est plus du quotidien que du grandiloquent, en début d’année. Juste être là. Vigilant. Regarder les petits signes. Ne pas s’imposer. Et toujours rappeler qu’on est là, pas forcément pour passer trois plombes à discuter théories pédagogiques mais pour aller prendre un café à la machine.

Être une bonne personne quoi.

Et comme partout dans la vie, ça s’apprend petit à petit.

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