
A toi qui ne lira ce billet que demain parce que profites de la mer jusqu’au bout du bout.
A toi qui regarde les heures passer en ayant l’impression d’avoir ingéré une boule de bowling.
A toi qui t’apprête à déposer une enveloppe à l’anthrax dans le bureau du responsable de cet emploi du temps pourri.
A toi qui te rappelles ce que tu as bien pu faire de moralement ambigu pour avoir un emploi du temps aussi génial.
A toi qui va retrouver Brandon à la rentrée alors que tu avais juré que si tu le revoyais, il passait par la fenêtre.
A toi dont c’est la dernière année depuis cinq ans.
A toi dont c’est la dernière année et tu vas pas rester deux heures de plus !
A toi qui a tellement envie de commencer, qu’on te laisse, enfin, enseigner !
A toi qui murmure “maispourquoijaipasséceoncoursquestcequimaprisjevaismourir” en boucle depuis une semaine.
A toi à qui Pôle Emploi t’a juré que prof, c’est carrément faisable comme métier, et qu’il suffira de demander aux collègues.
A toi qui te retrouve maître Jedi d’un petit Padawan et que ça stresse.
A toi qui commence un projet délirant à base de quatre disciplines qui bossent ensemble.
A toi qui va bosser tranquillement, dans ta classe, comme tous les ans.
A toi qui a hâte.
A toi qui doute.
Ca va commencer. Et on va tous vivre dix mois pleins, intenses, frustrants, géniaux, on va tempêter et exulter, avoir besoin de le hurler ou de le taire, on va voir débouler des centaines de gamins qui ne le savent pas, mais qui vont vivre une grande histoire.
On va plus en pouvoir.
On va encore en vouloir.
On va être CPE, AED, agent d’accueil, agent d’entretien. On va être prof.
Et ça va être bien.
Bonne pré-rentrée à vous !