Vendredi 31 août

C’est le premier jour et, comme tous les jours depuis trois ans et quelques, je suis arrivé trop tôt. Il me faut quelques instants avant de me rendre compte que les automatismes se sont remis en place avant même d’être convoqués. Longer le RER pour se retrouver en tête de train – là où se trouvent les escalators, à la sortie – s’asseoir à “sa” place (celle sans vis-à-vis, à l’étage du bas, à rebours du sens de la marche), sortir sa liseuse.

Monter les longs, trop longs escaliers. Hésiter un instant à prendre le bus et, comme toujours, opter pour traverser le parking en regardant les bagnoles, toutes plus tordues les unes que les autres.

Appuyer sur le petit bouton métallique qui fait sonner la loge de Sigyn. Sigyn, toujours solaire, toujours resplendissante dans la grisaille de la rentrée. Une robe à sortir faire la fête, un grand rire et la bise.

Retrouver la salle des profs. Vide. Prête à nous accueillir. Et puis, très vite, la porte qui grince et les voilà, un, deux, de plus en plus. Les formules de politesse. Qu’as-tu fait de tes vacances, tu étais où ? Les yeux sont brillants, les sourires, et le plein de soleil.

Je retrouve Leia, pleine d’appréhension mais heureuse de redevenir autre chose que maman. Lady T., et son sourire ravageur. Un nouveau collègue, fraichement débarqué, que ma vie antérieure de guide touristique pousse à présenter l’établissement.

Et puis, bien sûr, on enchaîne sur la réunion de début d’année.

Sans le moindre cynisme, j’en viens à me demander si cette réunion n’est pas faite pour doucher un trop plein d’enthousiasme. Pendant deux heures, on applaudit les personnels, on répète ad libitum ce que l’on a déjà répété dans les dix réunions de fin d’année, on s’étrangle devant les résultats du brevet (66%, contre plus de 80% l’année dernière, ça craint massivement), on en profite pour aller dire bonjour au CPE déjà surchargé de boulot.

Et on finit totalement crevé d’être resté assis sur une chaise.

Et puis retrouver T. et Monsieur Vivi, même si on les a vu l’avant-veille. Recommencer à parler du boulot concret, du vrai. Se rappeler, tout doucement,de ce qui fait que ce métier un truc absolument passionnant.

Une pré-rentrée, quoi.

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