Mercredi 5 septembre

Oui, oui, OUI, j’ai encore mon mercredi libéré cette année, NON je n’ai rien fait de moralement répréhensible pour l’obtenir. (Mais il faut croire que l’alliance regard de Chat Potté et ton geignard fonctionne)

Du coup, comme la plupart des profs qui ne sont pas devant des élèves, eh bé je bosse.

Je bosse même bien, pour tout dire. Cours propres, déroulés corrects, tout est rangé dans le classeur idoine, prêt à être photocopié demain (où à être frénétiquement à des collègues en salle des profs en hurlant “MAIS J’AVAIS TOUT PRÉPARÉ ! TOUUUUUT !” tandis que la photocopieuse affichera une quelconque erreur trois mille quatre cent douze au carré). Les diaporamas sont prêts à se déployer en ors chamarrés devant des choupinous assoiffés de connaissances.

C’est rigolo, le début d’année. À chaque fois, j’ai l’impression d’arriver en costume de mariage à un trail de l’extrême. Pendant plusieurs semaines, je vais tenter de tenir le rythme. De continuer à être organisé, méthodique, rigoureux. Tous comportements qui me sont aussi étrangers que l’opportunisme à François de Rugy, hin hin.
Il y a toutes les chances qu’au mois de novembre, mes cours traînent sur des feuilles éparses, que j’imprime à l’arrache six minutes avant la sonnerie, des trucs que j’ai parfaitement en tête depuis deux semaines mais que j’ai été trop feignasse pour mettre en forme.

Cette tenue de prof me gêne aux entournures.

Et pourtant, paradoxalement, ça me plait. Les documents classés, les petites notes prises lisiblement dans le carnet. Peut-être qu’une année, je serai ça, et que ça servira aux élèves.

Ou peut-être que le chaos que j’ai sous le crâne refuse de mentir et débordera toujours dans ma classe.

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