Samedi 6 octobre

Je reçois depuis quelques jours des questionnaires de Proust, remplis par les troisièmes Glee. Les questions sont toujours les mêmes, mais la forme est variable.

Parmi les travaux, Alicia m’a rendu une frise chronologique. Sa vie, passée et future, étalée sur des périodes datée de sentiments “Le primaire, école sans stress.” “Les vrais amis, enfin.” “Planifier.”

Et puis, régulièrement, ça revient : “plus grand malheur : décevoir mes parents. Rêve de bonheur : prendre soin de mes parents. Le sentiment qui me plaît le plus : la confiance qu’ont mes parents en moi.”

Alicia est une élève excellente. Mais pas seulement scolaire. Elle est aussi drôle, futée et pleine d’humour. Alicia est le genre de personne qui rend la terre meilleure, juste en y traçant sa vie.

“Et vous, Alicia ?
– Pardon monsieur ?
– Dans votre futur. Vous parlez énormément de vos parents. Mais vous ? Ce que vous ferez par et pour vous-même.”

Le sourire toujours poli, elle hausse les épaules.

“Oh, moi monsieur, vous savez…”

Pincement au cœur. Que cette aurore faite fille semble déjà vouloir se vouer au crépuscule.
Mais j’oublie, qu’Alicia a toujours un sourire poli. C’est dans le regard que le plus important se passe. Et son regard, lui, n’a pas dévié. Il y a dedans quelque chose qui flamboie.

“Vous savez moi… J’attends.
– Vous attendez quoi ?
– Que ce soit le moment.”

Qu’il arrive vite. Le monde a besoin des moments d’Alicia et de tellement d’autres de ces mômes.

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