Jeudi 11 octobre

Premier cours vraiment désagréable avec les troisièmes Bazoukan. Non pas qu’il n’y en n’ait pas eu avant – un vol a quand même été commis – mais c’est la première fois qu’ils ont fait ce que je déteste le plus : s’en foutre. Royalement et totalement. Et jouer. À se balancer des stylos, à ricaner sur le nom des uns à des autres.
À donner l’impression que dans ce cours où n’importe où ailleurs, ce serait la même chose. C’est le truc qui m’affecte le plus, je crois.

Non pas que je souffre d’un besoin obsessionnel de faire l’intéressant, mais cela renvoie au côté fondamentalement instable de ce boulot : qu’est-ce qui fait qu’ils se lanceront, heureux, dans les activités proposées, ou, au contraire, s’en tamponneront l’oreille avec une babouche ?

Bien sûr, je ne suis pas le seul fautif dans l’histoire. It takes two to tango, comme dit le proverbe teuton, sauf que là, nous sommes vingt-six à tenter de faire de ces deux heures autour de Romain Gary quelque chose de beau et de valable.

Ne pas prendre la chose personnellement. Si l’expérience m’a appris quelque chose, c’est bien cela. Je reviens à un cours beaucoup plus classique, texte, questions. Je reprends totalement les choses en main. Les rassurer, aussi, ça c’est important. “Puisque vous ne voulez pas essayer tant pis, on va écrire.”, que je braillais en début de carrière. “Puisque vous n’êtes pas prêts pour ça, on va faire quelque chose de plus simple.” Je pense que la phrase évoluera encore. Ne pas abandonner, rester en contrôle, mais rassurant.

Je rentrerai de cette journée épuisé. Probablement du fait de deux heures de réunion stérile, mais aussi, surtout, du fait de ce boulot, où jamais, jamais, le sol n’est totalement stable.

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