
J’ai acheté les premiers tomes des Passagers du Vent près de l’eau, sur les quai de Seine.
C’est grotesque mais je crois qu’il n’y avait rien de plus approprié pour cette histoire immense comme l’Histoire.
Deux héroïnes, Isa et Zabo, pour un seul nom, Isabeau. La première vivra ses aventures au XVIIIe siècle, en mer, autour de l’Europe puis de l’Amérique. La seconde, arrière-petite-fille de la première, fera le trajet inverse. Au travers de leurs histoires personnelles, romanesques, elle traverseront les grands bouleversements de ces périodes.
Ce cycle de BD est laborieux. Dans le rythme, dans les dialogues, souvent peu naturels, dans sa progression narrative. Mais c’est à ce prix que l’on découvre une oeuvre immense, qui parvient à évoquer l’Histoire avec une précision et une rigueur hallucinante, tout en ne perdant jamais de vue ses héroïnes : si j’ai un jour des enfants, j’aimerais que ces deux Isabeau soient leurs modèles.
Le dernier volume, débutant le jour des obsèques de Jules Vallès, marque la fin de cet immense voyage, commencé sur la mer, il y a si longtemps. Zabo y arpente un Paris qui devient petit à petit notre présent. C’est complexe, passionnant et magnifique.