
Ce lundi, j’ai fait grève.
Parce que, comme beaucoup de collègues, je suis fatigué.
Fatigué de toujours m’exaspérer face à des mensonges.
Fatigué que l’on prétende se soucier, aux plus hauts échelons de la République, de l’avenir de futurs citoyens, quand ces futurs citoyens sont, à l’instar de l’environnement, de la culture ou des droits des femmes, une foutue variable d’ajustement face à l’éternelle préoccupation : le budget.
Fatigué que l’on refuse d’admettre cette évidence, qu’on la vernisse de pseudo-rationalité, de condescendance envers les enfants comme les adultes.
J’ai fait grève et je sais très bien qu’elle prendra sa place, comme toutes les autres, dans la triste fiction habituelle, des “enfeignants jamais contents”, de la poignée de syndicalistes enragés qui prennent les autres en otage.
Mais je ne renonce pas. Je ne renonce pas, parce qu’il n’y a rien de plus important, parce que si, malgré ma promesse de m’arrêter tôt, je continue à faire ce métier, c’est parce qu’il n’y a rien de plus important.
Et que le cynisme ne peut pas toujours gagner.