
Première dictée en quatrième. J’ai attendu autant que j’ai pu, revu les bases, préparé des exercices personnalisés, mais à un moment, il n’y a pas, il faut se lancer, et les balancer face à l’exercice en lui-même, ne serait-ce que pour les préparer au brevet, l’année prochaine.
C’est compliqué, une dictée. Parce que tout de suite, on repère ceux qui décrochent. Cette année, en quatrième Bulbizarre, cinq d’entre eux se révéleront incapable de dépasser la troisième ligne. Panique de trois autres “Monsieur, ça va trop viiiiiiiite !“ quand bien même, à la cinquième minute, nous avons écrit une phrase et demie.
La dictée, c’est quand Navarre, qui roule des mécaniques et joue les petits kékés depuis le début de l’année baisse la tête, vaincu par un passé simple et refuse d’aller plus loin. C’est quand on constate que Micaiah, cette gamine discrète mais qui gère correctement, est totalement perdue et ne doit ses phrases cohérentes que grâce à sa famille ou à la copine d’à côté. Brutalement, tous sont renvoyés à la même réalité : sais-tu ou pas, former des mots. Et tous retrouvent leurs réflexes de petits enfants. Celui qui lâche son stylo en gémissant, celle qui se prend la tête entre les mains, celui qui balbutie “c’est trop dur… c‘est trop trop dur !”
Moment couperet. Difficile. Essentiel. L’un de ces moments où il faut les balancer, en espérant qu’ils s’envolent.
Et ramasser les morceaux, après…