Vendredi 4 janvier

Trois jours avant la reprise des cours. Et toujours, ce cours sur Antigone. Drôle d’impression : celle de ne pas faire bosser sur ce que je souhaite leur apprendre, mais sur ce quoi je ne veux pas qu’ils butent. Parce que le début d’Antigone, c’est violent. Tous les ans.

Pourquoi ce début d’histoire où on nous raconte tout, pourquoi cette fille qui parle de façon hallucinée, pourquoi ces dialogues qui ne vont nulle part ? Et pourquoi devrions-nous nous décortiquer ses mots, des semaines durant.

C’est un moment éminemment désagréable, mais essentiel, que cet instant durant lequel il faut passer en revu tout ce qui n’a pas fonctionné, tous ces moments de désintérêt, de lassitude ou de découragement, parce que le texte n’a pas su faire entendre sa mélodie, et que j’ai été un pauvre instrumentiste. Mais ce sont aussi sur ces échecs que je capitalise. Même s’il est toujours épuisant de s’y confronter.

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