Mercredi 9 janvier

J’ai adoré faire cours à Raymonde. Malgré un nom profondément injuste, il s’agissait d’une gamine adorable. Futée, douce, drôle et bosseuse. Catapultée dans une troisième foutraque que j’ai tenté de mener vers le brevet.

Aujourd’hui lycéenne, elle m’écrit pour que je commente le brouillon de l’un de ses devoirs.

Et j’ai le vertige.

En constatant le décalage entre ce qui lui est demandé – et auquel elle a très correctement répondu – et ce que je demande actuellement à mes élèves de troisième. Moi qui me targue de toujours tenir un niveau d’exigence relativement élevé, le choc est violent.

Et la raison en est simple : j’enseigne à Ylisse depuis cinq ans, et il y a trop longtemps que je ne suis pas allé voir ailleurs. La plume de Raymonde me rappelle ce que certains élèves auront à affronter dans moins d’un an.

A toute vitesse, je repêche dans ma boîte mail un courrier où une collègue me proposait de venir assister à des cours de lycée.

Toujours rester vigilant. Jamais en jachère. Un conseil que j’ai oublié. Il n’est pas trop tard, ni pour les mômes ni pour moi, mais il faut faire vite.

Et ne jamais oublier.

Laisser un commentaire