Mardi 15 janvier

À ma grande honte, je dois avoué avoir été un peu déçu en découvrant Tir, en classe.

Tir est cet élève incroyable – à tous points de vue – de troisième Glee. Un gamin ascolaire, instrumentiste de talent, capable de comprendre un texte en un coup d’oeil mais refusant d’écrire la moindre phrase à son sujet. Passé à deux doigts du conseil de discipline, écorché vif.

Tir ne me pose aucun souci.

En classe, il se tient toujours poliment à l’écoute, ses affaires prêtes. Ses travaux sont toujours décevants, jamais catastrophiques. Et il ne manquera jamais de respect.

C’est un masque. De ceux que Tir enfile à toute allure.

Je tourne le dos, il sort de la salle et devient l’un des caïds de la bande de mecs. Dur et froid. Il traverse la rue, se rend au conservatoire et se métamorphose en une sorte d’ange-soldat. Discipliné et habité d’un feu sacré. Qu’il entretient à grand coup d’exercices. 
À la maison, je crois deviner qu’il agit en protecteur, endossant des responsabilités bien trop grandes pour un ado de quasi-quinze ans. 

Tir change, sans cesse, en permanence, devenant ce que l’extérieur attend de lui, de plus en plus vite.

Et moi de me demander si cette transformation perpétuelle constitue son identité ou l’épuise. Et comment le savoir, puisqu’il ne me donne accès qu’à l’une de ses facettes.

Tir-aux-masques. Pour qui, dans un coin de l’oeil je m’inquiète.

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