
Depuis quelques années, j’ai commencé à suivre la série des Tales of. En me disant “Bon, voyons où ça va.”
Et je me pose toujours la question, six jeux plus tard, alors que j’entame la réédition deTales of Vesperia, auquel je n’avais encore jamais touché.
Comme nombre de jeux de la série, le scénario est d’une simplicité japonaise (c’est dit sans ironie) : Yuri Lowel vit dans les quartiers pauvres de sa ville, protégée, comme tous les endroits où se sont installés des humains, par une barrière. Barrières qui permettent la survie pure et simple de l’humanité, le monde extérieur étant un endroit hostile, parcouru par des créatures féroces, qui n’aiment rien tant que de faire leur quatre heures de ces singes tous nus qui parlent.
Suite à une séries de malentendus, Yuri se fait un jour arrêter par les gardes royaux alors qu’il poursuit un criminel et fait la connaissance d’Estelianne, une jeune fille qui tient absolument à quitter la ville pour avertir son protecteur d’une conspiration dirigée contre lui. Bien entendu, Yuri finira par escorter la jeune fille et, petit à petit, se retrouvera impliqué jusqu’au cou dans une sombre conspiration, et une joyeuse bande d’excentrique.
Les Tales of ne dérogent jamais à la règle : un scénario qui, une fois découpé, constituerait une parfaite série d’animes (ils sont d’ailleurs régulièrement adaptés), un voyage à travers des lieux aussi canoniques que variés, et une équipe disparate.
Mais là où, dans le même genre, Final Fantasy opte pour une narration léchée et Dragon Quest pour un côté conte naïf, Tales of voit son intérêt naître de sa minutie. Le système de combat est nerveux et exigeant ; les quêtes annexes nombreuses, le monde extrêmement vaste et invitant à se perdre dans une foule de sous-quête. A aucun moment on est soufflé par l’épopée de nos héros, mais l’ensemble est toujours solide, et honnête, pour peu que l’on accepte le contrat : on va jouer à un jeu de rôles japonais. Et on l’a, dans toute sa démesure, sa maladresse et son côté addictif.
Et bonus : Tales of Vesperia nous propose un groupe vraiment attachant, dont les personnages ont tous des motivations cohérentes, agissent la plupart du temps avec bon sens – denrée rare dans les jeux vidéos – et évoluent logiquement. Par exemple, Estelle, qui occupe le rôle de la traditionnelle “princesse guérisseuse innocente”, quand elle part à l’aventure, a le réflexe de s’équiper d’une armure et d’un bouclier, plutôt que de courir les rues en robe de soirée ou en toge.
Tales of Vesperia est un monde agréable, exigeant, et parfois surprenant. Une épopée qui coche toutes les cases et qui, parfois, se paye le luxe de surprendre et de nous laisser un sourire sur le visage.