Samedi 2 février

Avec moi ça se passe très bien, pourtant.

Je l’ai déjà écrit, il s’agit de la pire phrase à prononcer devant un collègue. Quand une classe se comporte comme une bande de Hell’s Angels après dix-huit expresso, quand ils t’ont retourné ta classe qu’elle en ressemble à une œuvre de Kandinsky, quel réconfort tu peux bien trouver à apprendre qu’en espagnol, ce sont de petits chérubins ?

Alors je pose ici la question.

Parce que je suis tombé sur les rapports relatant les frasques de Roog et Rahal cette semaine. Que ça oscille entre le grotesque et le révoltant, le tout largement parsemé d’irrespectueux. A tel point qu’ils ne participeront pas à une sortie scolaire au mémorial de Caen.

La même semaine durant laquelle, en français, ils ont été fabuleux. Où Roog a lu Créon avec un aplomb et une force incroyable chez un élève de troisième, où Rahal a retrouvé le chemin de la lecture. Et ça me tue. Parce que je ne peux pas m’enthousiasmer sans réserve, parce qu’ils ne peuvent pas, pas à leur âge, pas avec leur intelligence, se montrer aussi doubles en permanence.

Nos élèves ont besoin d’un enthousiasme, d’une confiance immenses de la part des adultes. Pour grandir et s’embraser. Je brûle de les leur offrir.

Mais pas tant qu’ils tromperont à ce point.

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