
En ces journées de travail, trop longues depuis trop longtemps, trop denses – élèves de plus en plus en oppositions, réunions et obligations qui se succèdent, trimestre qui se termine beaucoup trop vite – trouver du réconfort là où l’on peut.
Et revenir à ses premières amours. La gentillesse.
Observer les troisièmes Glee en sortie scolaire. Ils sont une classe de troisième : des individus variés, aux histoires dissemblables, et aux tempéraments uniques. Pourtant, pendant un moment de pause, ils s’assoient autour d’une table. Proches, mais pas affalés les uns sur les autres. A jouer, avec des rires d’enfants, au jeu des drapeaux de pays sur un téléphone portable. Ou à proposer les gages les plus gentils du monde à action ou vérité. (”Vérité ? C’est quoi ton rêve le plus beau ?”)
Ils prennent soin les uns des autres, malgré les misères qu’ils s’infligent parfois. Font toujours front commun contre l’adversité. Et dans cette manière d’être, je reconnais les valeurs de Monsieur Vivi, leur mentor depuis la sixième. Son humanisme, et cette gentillesse parfois un peu acide ont lissé les aspérités les plus douloureuses de la vie collégienne.
Observer, en revenant de nuit d’une sortie scolaire, M. croiser des élèves, censés rentrer seuls. Et la voir, sans aucune affectation, mais avec une puissance absolue, se diriger vers chaque môme, pour lui demander comment il rentre. S’en assurer, quand bien même les autorisations de sortie signées par les parents nous dédouanent de toute responsabilité.
Et M. ne le fait pas parce qu’elle est prof-poule, qu’elle angoisse ou qu’elle croit fermement en des lendemains qui chantent. Non. Elle le fait pour la simple et bonne raison qu’il faut le faire. Sans discussion et sans commentaire.
Quand tout le reste foire, il reste ça. La gentillesse.