
Les notifications du groupe Whatsapp de l’équipe de français recommencent à tomber. Les messages sur l’espace numérique du collège. Je vérifie mon cartable, je corrige les derniers paquets de copie.
C’est absolument trivial, c’est même ridicule : mais l’un des trucs qui pourraient me faire songer sérieusement à quitter l’enseignement, c’est ça : de toujours avoir des devoirs et que les dimanches soir aient cette odeur de café froid : est-ce que je suis prêt, j’aurais pu davantage travailler, j’aurais dû davantage profiter de ces jours de repos.
J’ai une boule dans le ventre, mais elle n’est plus rationnelle – on ne va pas se mentir, cette année, j’ai été plutôt verni au niveau des classes – elle est juste là par habitude. Je le sais mais ça ne suffit pas à la déloger.
Il y a eu un message de Monsieur Vivi : cette année non plus il n’a pas obtenu sa mutation. Il sera encore là l’année prochaine. Je prépare ma plus belle joie d’enseigner à ses côtés l’année prochaine, parce que c’est tout ce que je peux lui offrir.
Fin de vacances un peu grises. Ce n’est pas grave, ça arrive souvent.
Et bientôt, le retour au bahut pulvérisera tout ça.
L’un des trucs qui me fait sérieusement songer à rester dans l’enseignement, c’est qu’une fois que tu es sur scène, tu n’as plus le temps pour la tristesse.